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Collins Hamilton
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 :: La ville du renouveau : Avant Propos :: Présentation
MessageSujet: Collins Hamilton Collins Hamilton EmptySam 3 Aoû 2019 - 13:23
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Hamilton Collins
Demisexuel ?
30 ANS
Americain




Maybe i'm too busy being yours to fall for somebody new.





Humain, et indocile avec ça, merci bien. Bien qu'il soit capable de jouer le jeu de la soumission, son esprit n'a pas été brisé malgré les tentatives.




Meet me
CARACTÈRE
Bon. Vous avez lu la fiche de son jumeau Joshua ? Oui ? Alors vous pouvez oublier une bonne partie de ce que vous avez lu. Parce que Cole n'a pas le même caractère que son frère.


Cole est froid et calculateur. Pragmatique et têtu aussi  ; il n'aime vraiment pas se forcer à quelque chose. Ce qui inclus par exemple de se faire des amis. Là où Josh avait besoin de s'entourer et de jouer les joyeux lurons, Cole n'a jamais ressenti le besoin de faire la même, se contentant juste d'être là histoire de faire plaisir. Être dans l'ombre lui suffisait amplement. Solitaire dans l'âme, ça ne fait cependant pas de lui quelqu'un d'égoïste ou d'incapable d'aimer. Au contraire, une fois dans ces bonnes grâces, il pourrait tout faire pour vous, ou presque. Presque, car il n'y a et n'aura certainement qu'une personne pour qui il ferait tout, le bien comme le mal et c'est son frère.

Le plus gros défaut de Collins et ironiquement sa faiblesse, c'est sa tendance obsessionnelle. S'il a quelque chose en tête, ou quelqu'un, il fera tout ce qu'il peut pour, au point de s'oublier et nier ce fait. Ce qui ne facilite pas vraiment ses relations. C'est cependant quelqu'un de très rigoureux, capable de bien des choses, ce qui peut palier.

Terre à terre, il n'en reste pas moins un être humain avec sa propre impulsivité et sa propre vision du monde dont sa grande intelligence ne le sauve pas. Esclave aussi de ses émotions, il ne pardonne pas aux hybrides d'avoir réduit l'humanité en esclavage et détruit sa famille, bien qu'il ai lui même du sang sur les mains. Réfléchit, Cole à pas mal de sang froid en général mais ne supporte pas le perdre, encore moins quand c'est la réaction souhaitée  ! En réalité, Collins gère très mal ses émotions et, passer un certain stade d'intensité ou dans certaines situations difficile pour lui, il se fige et se mure dans un silence dont on peut difficilement le tirer. Dans ces moments-là, il communique en langage des signes si nécessaires. 

Principal point commun avec son jumeau, outre leur sens de l'observation acéré  ; Cole cultive le sarcasme qui est l'une de ses armes. Franc, il ne se gène pas pour être cinglant avec les autres s'il en a envie. Intelligent, il est aussi capable de faire profil bas si c'est la meilleure chose à faire...

Particulièrement pudique, il a du mal à être ne serait-ce qu'un peu dévêtu devant les autres. Mieux vaut ne pas le forcer ou le brusquer.

PHYSIQUE
Contrairement à son caractère, on peut vraiment voir en quoi Joshua et Collins sont jumeaux quand on vient à en parler du physique, à deux trois détails près !

Cole est très certainement une personne qui en impose quand on le voit. Du haut de ses 1m86, Cole dépasse la moyenne et il sait que ça peut jouer sur l'image qu'il renvoi. Ses yeux d'un bleu intense rajoute à l'aspect intimidant qui peuvent l'accompagner, en plus de ses traits relativement carrés. Oui, Cole à tendance à ne pas paraître comme un agneau et à l'air même menaçant. Il faut dire qu'il a toute une palette de regard noir à sa disposition, en plus d'être un professionnel du pokerface ! Vraiment, il peut être difficile de comprendre à quoi il pense... S'il lui arrive de se détendre assez pour ne pas avoir l'air d'être à deux doigts de tuer quelqu'un d'un regard ou d'en avoir rien à foutre de ce qu'on lui dit, l'époque dans laquelle il vit ne facilite pas les occasions. Une vraie statue de glace quand il s'y met. Une belle statue cela dit, on ne peut pas dire qu'il soit moche, bien que... Chacun ses goûts comme on dirait ; il n'est pas du genre à prendre ombrage si on dit qu'il ne plaît pas, de toute façon.

Non pas que ça l'intéresse particulièrement.

Malgré tout, Cole prend soin de son corps. Il aime garder ses cheveux bruns courts pour une question de confort et se rase souvent s'il en a l'occasion. Son corps, il le garde en forme, ne laissant pas ses muscles fondre, car s'il n'est pas une montagne de muscle pour autant, nul doute qu'il en a un peu plus que son jumeau et il fait en sorte d'entretenir cet état de fait. Hey. Vous croyiez vraiment que ça ne se travaille pas ? Oui, Collins est un combattant et il reste droit, même face à la douleur. La torture, il l'a connu et l'a subit jusqu'au bout. Ca n'est pas un bon souvenir.

A part sa carrure et ses yeux un peu plus clairs que son jumeaux, rien d'autre ne le différencie physiquement, sauf au niveau des marques sur son corps. Clairement, Collins en a beaucoup moins que son frère, mais on devine aisément qu'il est passé à tabac au vu des traces dans son dos. Malgré la maîtrise de ses émotions et de sa gestuelle, Cole a souvent l'air très tendu. Non, ce n'est pas un balai qu'il a dans le cul.


Du à sa pudeur, Cole ne cherche pas à mettre plus son physique en avant et a tendance à privilégier les habits qui couvrent le maximum de peau.




Une longue, bien trop longue épopée... Ou histoire à lire.
-Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire ? Ils ont demandé s'il pouvait témoigner.
-On ne peut rien y faire, s'il ne veut pas. Tu sais qu'on ne pourrait même pas le forcer.
-Ce n'est pas ce que j'ai dit ! Mais c'est important... Bon sang, pourquoi cela a dû arriver ? Ce n'est déjà pas facile avec Josh...


Ils se turent, leurs regards se tournant vers moi pendant que je traversais le salon. Mes pieds nus étouffaient en partie le bruit que je pouvais faire dans ma marche, mais je n'avais pas particulièrement cherché à être discret. Leur expression figée avouait cependant leur peur d'avoir été surpris dans leur conversation. C'était le cas, mais je ne m'arrêtai pas pour autant, me retrouvant devant la cheminée. Dans un silence pesant, je regardais les flammes durant quelques secondes, avant d'y jeter ce que j'avais dans les mains. Le feu crépita, comme si je venais de lui faire un sacrifice qu'il appréciait. Tant mieux pour lui, tant qu'il détruisait tout. Je regardai le bois être léché par les flammes, rapidement noirci... Il faudrait un peu de temps pour que ce soit détruit. Je quittai des yeux l'échiquier jeté au bucher pour toiser mon père et ma mère. Je ne dis rien. Eux non plus, jusqu'à ce que je remarque les lèvres de maman commencer à bouger. Avant qu'elle ne prononce le moindre mot, je quittai le salon, montant à l'étage pour rejoindre ma chambre. Je ne m'étais pas précipité, mais dès que je fus complètement seul, je laissais la panique me reprendre et je couru jusqu’à mon lit, sautant presque, comme si le sol était brûlant, ramenant mes genoux contre moi, horrifié par cette réalité.


Me débarrasser de l'échiquier ne m'aidait pas à oublier Jasper.


Tu as une très jolie voix”


Je me mordis la langue, retenant le sanglot alors que les larmes m'étaient venues. Non. Pas de bruit, pas un seul son. Je ne voulais pas entendre ma voix et je ne voulais pas que les autres l'entendent. Plus jamais.  


Jasper avait toujours été gentil avec moi. Il apprenait aux autres à jouer aux échecs, donc il n'était pas mauvais à ce jeu. J'aimais jouer avec lui justement pour ça, et il aimait que je sois doué. Je pensais qu'on était ami. J'avais pensé que c'était sûrement un peu bizarre parce qu'il était un adulte et moi pas, mais au moins il n'était pas stupide comme les autres enfants l'étaient. Enfin. Beaucoup de personnes me paraissaient stupides comparées à moi et ma fratrie. Il parait qu'on était des génies, et ça plaisait à Jasper. Il aimait m'écouter parler. Et il était plus intéressant que le débile d'ami avec qui Josh aimait tant passer de temps. S'il avait tant besoin d'un meilleur ami que ça, je pouvais bien en avoir un, non ?


Il a deux fois notre âge !”
Et Steve est deux fois plus con !”


C'était agréable que Josh soit en colère. Comme s'il était jaloux. Ca lui apprendrait à préférer quelqu'un d'autre, et à plus lui parler qu'à moi. J'étais son frère, mais je sais qu'il racontait des choses à Steve. Steve avait été au courant le premier que Josh était malade. Il n'en avait parlé à personne de la famille. Pas même à moi... Et quand les parents avaient découvert que quelque chose n'allait pas dans la tête de Josh, c'était quand on avait failli le perdre. Le concept de la mort n’était pas facile à comprendre, quand on avait sept ans. Et c'était pire encore de l'appréhender à travers la tentative de suicide de son frère jumeau. Et depuis ce moment, depuis que j'avais compris qu'il était un peu plus fragile que moi et mes sœurs, j'avais été là pour lui, pour le protéger. Mais il y avait Steve qui était stupide. Et puis, il y avait eu Jasper. Un ami des parents. Quelqu'un que mon frère détestait vraiment. Il avait tout un tas d'arguments pour expliquer pourquoi, mais ça sonnait comme s'il ne pouvait pas expliquer pourquoi il l'aimait pas.


Il a un nom qui ressemble à un fantôme !”


Ouais, c'était un plaisir que Josh réagisse aussi mal. Et j'avais continué à me rapprocher de Jasper, pour qu'il ressente ce que ça faisait. Et j'aimais bien Jasper... Même s'il était un peu bizarre, à sa manière. Il trouvait toujours un moyen de me toucher. Il mettait un bras autour de mes épaules, me touchait la hanche ou la nuque... Je n'aimais pas vraiment quand il faisait ça, mais je laissais passer. C'était des choses qu'on faisait entre amis, non ? Si Jasper devait être mon ami, alors je devais faire des efforts. Et plus je me rappelais de ces moments où il avait des gestes envers moi, plus ma respiration s'accélérait. Je devais me calmer. Tout allait bien, tout irait bien. Je ferais en sorte que ça n'arrive plus. Tout allait bien. Tout allait bien.


Hé, Collins... Tu devrais venir chez moi, aujourd'hui.”
Pourquoi ?”
Pourquoi pas ? On pourra manger des gâteaux et jouer. Tu aimes aussi les jeux vidéos, non ? J'ai une console, ça sera marrant !”


Tout n'allait pas bien du tout. Parce que j'avais accepté. J'étais allé chez lui pour jouer. Il m'avait laissé sa console, assit à côté de moi sur le canapé, avec son bras autour de mes épaules, en fredonnant sur ce que je faisais dans ma partie. Il y avait des gâteaux et un verre de sirop. C'était bien, j'étais concentré dans le jeu, de façon à ne pas penser à la proximité envahissante de Jasper. Jusqu'à ce qu'il m'embrasse sur la joue. J'ai eu un game over à cause de ça. Quand j'avais tourné la tête vers lui pour le regarder, il souriait. Il souriait comme si c'était pas grave et j'avais eu envie de lui dire que je n'aimais pas vraiment ça. Mais ses yeux perçant étaient sur moi et j'avais baissé les miens, honteux de ce qui venait de se passer. Mais c'était normal d'être tactile avec ceux qu'on appréciait... Et ça avait continué. Je venais chez lui, Josh détestait ça, les parents laissaient faire parce qu'ils le connaissaient et Jasper était de plus en plus câlins. Et je lui avais dit que je n'aimais pas vraiment quand il m'embrassait. Il avait eu l'air tellement triste que je m'étais senti coupable. Il ne s'était pas géné pour recommencer, à chaque fois qu'on était seul. De plus en plus collant, de plus en plus...  


Je t'aime, Collins.”


Un bruit bizarre s'étouffa dans ma gorge. Un son douloureux quand je luttais contre la violente réaction de mon corps, mon estomac qui se tordait en essayant de vider son contenu. Je plaquais mes mains sur ma bouche, soufflant fort du nez. Je manquais d'air. Inspiration. Expiration. Inspiration. Expiration...  


Je t'aime, Collins.”


Je l'avais regardé bizarrement. J'étais pas stupide, je savais ce qu'on voulait dire par là. Papa et maman se disaient qu'ils s'aimaient. J'aimais mes parents, mon frère et nos soeurs. Mais c'était pas la même chose. J'avais un peu de mal à appréhender les différences, c'est tout.



pourquoi ?”
Tu sais que tu dis souvent ça quand la situation t'échappe ?”


Non. Je ne m'en étais jamais rendu compte.


Normalement, les adultes aiment des adultes.”
L'âge ne compte pas, quand on est amoureux.”


La loi n'était pas d'accord, mais je le savais pas encore. Pourquoi je devais croire que Jasper mentait ? A partir de ce moment, il m'embrassait sur la bouche. Et je détestais la première fois, mais j'étais habitué à ne pas aimer ce qu'il faisait. C'était pas plus étrange que quand il m'embrassait sur la joue ou touchait ma hanche. Mais c'était vraiment génant. Pourquoi je n'avais rien dit ? Parce que Jasper n'était pas méchant, il ne faisait “rien de mal”. Et j'avais peur qu'en parlant, quelque chose qu'il ne méritait pas ne lui arrive. J'aurais du comprendre que penser comme ça était la preuve que quelque chose n'allait vraiment pas. A quoi ça servait d'être intelligent, quand on se faisait avoir ? Je culpabilisais, et je ne voulais pas admettre avoir eu tort et Josh raison, et j'avais continué à voir Jasper en supportant son affection, son amour en me disant que ça devait être normal... Ca ne l'était plus vraiment quand la police s'est retrouvée mêlée à tout ça. Tout c'était passé très vite ; j'étais chez Jasper à ce moment, où il m'avait proposé de jouer à un “jeu d'adulte”. Je lui avais dit que c'était un nom stupide, surtout qu'il me disait de me déshabiller, et qu'il ferait la même chose. Je voyais rien de drôle dans tout ça, et ça ne lui avait pas vraiment plu que je refuse.


Je t'aime, alors tu dois faire ça pour moi.”


La gène s'est transformé en crainte à ce moment. En peur quand il m'a forcé à retirer mon t-shirt et mon pantalon. Enfin, c'était un peu plus subtile que ça et c'est pourquoi c'était très confus dans ma tête. Parce qu'il le faisait lentement. Je me rappelais combien mon coeur me battait, combien j'avais envie de lui crier de me laisser, que je n'aimais pas du tout ce qu'il était en train de faire, mais qu'aucun mots n'étaient sortie et... On avait sonné à la porte, Jasper avait semblé surpris et m'avait dit de rester dans le salon pendant qu'il allait voir... Il n'y a pas beaucoup de monde qui doit s'attendre à ouvrir à la police et apparemment, ils n'étaient pas juste là pour faire une enquête de voisinage. Quand ils sont entrés dans la maison et qu'ils m'ont vu, presque tout nu... Tout a vite dérapé. Deux policiers avaient plaqué Jasper contre un mur, pendant qu'un venait vers moi. Je ne me souvenais plus de leurs expressions. Juste que je comprenais que dalle et que j'avais tenté de sortir Jasper de là, parce qu'il était le seul point d'ancrage que j'avais dans cette situation. Plus tard, après que Jasper ai été emmené, que je me sois calmé et rhabillé, on m'avait emmené dans une voiture de police. J'avais même songé, dans toutes les questions que je me posais dans ma tête, que Josh aurait sûrement trouvé ça cool. Mais le reste n'avait pas été “cool”. On m'avait installé dans une pièce, où il y avait quelques jouets et une femme était venue. Elle avait l'air gentille et avait une voix gentille. Pas de doute à ce moment ; elle voulait savoir quelque chose de ma part.


Bonjour, mon garçon... Tu t'appelles comment ?”
Collins. Collins Hamilton. Je peux aussi vous donner le numéro de téléphone de mes parents, je suppose que vous voudrez les appeler. Ou l'adresse de notre maison, mais je peux y retourner tout seul. Pas besoin de me parler comme si j'étais stupide.”


J'étais un enfant, donc c'était normal qu'elle prenne des pincettes avec moi. Mais je n'étais pas à l'aise avec tout ça et j'étais sur la défensif. Je n'avais pas pu échapper aux questions, cependant, et c'était vite devenu très, très bizarre.


Est-ce qu'il t'a déjà touché ?”
Jasper me touchait tout le temps, parce qu'on était ami.”
Et il te touchait où ?”


J'étais resté silencieux, pas vraiment motivé à répondre à cette question. Pourtant, si tout était normal, j'aurais pu dire que ses mains restaient trop souvent sur moi, et que ses lèvres trainaient trop sur mon visage aussi. Mais je n'avais rien dit, restant dans un mutisme génant, faisant semblant que, finalement, les lego étaient intéressant... En vrai, ça l'était, pour peu qu'on en est beaucoup, on pouvait faire des scultpures et des bâtiments. Avec mon frère et mes soeurs, on avait essayé de faire une reproduction de San Francisco et...


Est-ce que Jasper t'a touché entre les jambes ? Ou il t'a demandé de le toucher dans des endroits étranges ?”


Je n'avais pas répondu. Mais ça avait été si étrange qu'elle me demande ça que je tournais en boucle ces mots. Non, Jasper n'avait pas fait ça. Mais avant que la police n'arrive, il avait voulu qu'on soit nu... Devant mon manque de réaction, on avait fini par me laisser tranquille. Mes parents étaient venus, avaient posé des questions que j'avais ignoré et la première chose que j'avais fait, c'était allé sur l'ordinateur pour faire des recherches. A dix ans, je découvrais ce qu'était la pédophilie, et à quoi j'avais échappé.


Tu as une très jolie voix”


La porte de la chambre s'ouvrit, et je me redressais d'un coup. J'avais les yeux rouges et la gorge sérrée à force de retenir les larmes et les sanglots, mais je refusais qu'on me voit dans une telle position de... Faiblesse. Je vis Josh arriver, l'ordinateur portable encombrant dans ses bras alors qu'il se stoppait en plein milieu de la chambre, ses yeux se plantant dans les miens. Josh avait eu raison sur le compte de Jasper, et ça me rendait vraiment mal de me dire que j'aurais du l'écouter mais que je ne l'avais pas fait. Je me demandais vraiment ce qu'il pensait de tout ça, s'il voulait me dire “je te l'avais dit” mais qu'il ne le faisait pas parce que la situation était assez merdique comme ça. Josh pouvait être énervant, mais c'était mon frère. Ce qui se passait était difficile pour tout le monde. C'était pas comme si je pouvais lui poser la question. Même avec mon propre frère jumeau, j'étais incapable de dire un mot. Ca dura bien quelques minutes avant que Josh ne bouge enfin, posant l'ordinateur sur le lit avant de s'y asseoir. Il bougea ses bras et ses mains d'une façon bizarre qui me fit cligner des yeux et froncer les sourcils. Josh avait toujours des idées, il était plus imaginatif. Habituellement, je le suivais. Là, je comprenais pas ce qu'il était en train de faire.


-Je viens de te dire “j'ai une super idée” en langue des signes. Pour communiquer sans parler.


Il y avait que Josh pour penser à ça. Je le regardais en train de tirer l'ordinateur vers nous pour me montrer ce qu'il y avait à l'écran. Je me mis plus à l'aise pendant qu'il me parlait.


-Ce site est super pratique, il y a pleins de mots qu'on peut apprendre ! J'ai aussi commandé un livre en utilisant la carde de crédit de papa, il sait pas la cacher. Ca sera plus pratique qu'écrire sur du papier ce que tu veux. Ca serait bien que papa, maman et les sis' s'y mettent, mais en attendant je peux te montrer ce que j'ai appris. C'est facile !


Il y avait vraiment que Josh pour faire ça. Pour apprendre une langue juste pour que ça soit facile pour moi. J'avais pas de maladie, ou de problème à la gorge qui faisait que je pouvais plus parler. C'était “dans ma tête”. Mais Josh savait bien ce que c'était, d'avoir des soucis dans la tête, et il voulait m'aider. C'est vrai que ça n'allait pas... Mais maintenant, je savais que ça finirait par s'arranger.


Des mois passèrent avant que Jasper n'ai son procés. Entre temps, on avait appris qu'il allait sur des sites qui contenaient de la pédopornographie et qu'il faisait parti des “victimes” que la police avait tracé depuis ce fameux site. Le fait qu'il soit intervenu ce fameux jour était une pure chance et m'avait sauvé. J'aurais du être sa première victime. Je ne parlais toujours pas et je pense que j'avais besoin d'une justice pour aller de l'avant. Ce n'était pas que la parole qui me faisait défaut ; je ne supportais plus du tout d'être sans mes habits devant quelqu'un, même si c'était ma famille. Même si c'était juste mon t-shirt. Je supportais pas non plus que mes bras ou mes jambes soient trop découverts, même s'il faisait beaucoup trop chaud. Et aujourd'hui, les choses pouvaient changer ; c'était aujourd'hui qu'on avait la conclusion du procès. Pour détournement mineur, tentative de viol, attouchement sexuel et contenu de pédopornographie, Jasper allait passer quelques années à l'ombre. Mes parents trouvaient que ce n'était pas assez. J'étais d'accord, Josh aussi... Amber et Eden étaient aussi au courant de tout ça, mais on avait tous essayé de pas leur laisser connaître les détails. Bref, je me sentais pas mieux. Assit sur le canapé, je scroller les propositions de vidéo youtube sur l'écran de la tablette sans y trouver de l'intérêt. C'était ma bête tentative de penser à autre chose. Quand Josh était tracassé et qu'il avait besoin de se concentrer sur quelque chose, il utilisait toujours des pièces qu'il faisait voler dans ses mains ; j'allais peut être trouver un truc à moi pour me calmer... En parlant de Josh... Je ne décrochais pas mes yeux de l'écran quand je le sentis s'asseoir à côté de moi, silencieux. Au bout de quelques secondes, cependant, je compris qu'il me regardait fixement et qu'il attendait que je fasse de même. Je le fis et il se mit à signer.


Je veux qu'il souffre.


Je penchais la tête sur le côté... Je n'étais pas sourd, alors personne n'avait besoin de signer pour parler avec moi, juste de comprendre ce langage quand je le faisais. C'était plus pratique... C'était un peu plus compliqué à l'école, mais les professeurs étaient au courant et personne ne se moquait de moi. Josh signait pourtant beaucoup avec moi ; ça lui plaisait de parler avec moi sans qu'on nous entende,et je pouvais pas dire ne pas ressentir la même chose. Mes mains se mirent à bouger.


Moi aussi.


J'étais pas satisfait. Je me sentais humilié, trahi et abusé, alors même qu'il n'avait pas été jusqu'au bout. Mais je savais qu'il l'aurait fait si la police n'était pas arrivé et je me sentais sale et en colère et triste et effrayé. Et je détestais ça. Je détestais Jasper comme mon frère le haïssait pour ce qu'il avait fait à ma tête. Josh vivait tout les jours avec des problèmes dans sa tête et il ne souhaitait ça à personne. Il hocha la tête, comme si je lui avais donné la permission pour faire je ne sais quoi et on se retrouva l'un contre l'autre, avachi sur le canapé à regarder d'un air vide l'écran de la tablette.


Plus tard, on apprit que Jasper avait été changé de prison pour les violences qu'il subissait là-bas. Ce n'était pas surprenant ; les violeurs ou ceux qui s'en prenaient aux enfants étaient des victimes de choix dans le milieu carceral. Personne ne sembla s'en inquiéter plus que ça et personne ne pleurait le sort de Jasper. Moi, je savais que ce n'était pas tout. Josh semblait bizarrement satisfait de la nouvelle, et froid en même temps, et je savais qu'il y était pour quelque chose. Comment ? J'en savais trop rien, mais ce qui était sûr, c'est qu'il avait trouvé le moyen de faire porter notre désir de vengeance par des personnes à l'intérieur de la prison. Josh savait aussi que je savais, mais c'était pas grave. Il avait fait ça pour qu'on ai notre propre et satisfaisante justice, et ça serait notre secret. 


○○○○○○○○○○

-Tu restes, aujourd'hui ? J'ai un film sympa, je pense qu'il va te plaire.


Je fredonnai distraitement, histoire de dire que je l'avais entendu. Par contre, que j'ai écouté, c'était une autre histoire et je l'entendis soupirer, la frustration résignée dans son souffle alors que je ne quittais pas des yeux mon livre. Mais j'avais bel et bien prêté attention à ce que Noor venait de me dire. Ca n'était pas différent à d'habitude ; elle tentait toujours de me faire rester plus longtemps chez elle, et quand elle parlait d'une soirée “tranquille”, je savais aussi ce qu'elle attendait de moi. J'étais son petit ami après tout, et deux personnes en couple qui se retrouvaient seules après une après-midi à étudier savaient comment passer leur temps. Je savais aussi qu'elle allait insister jusqu'à ce que je lui donne une réponse claire.


-Cole, tu m'écoutes, au moins ?
-Je peux pas, aujourd'hui. Je dois aller chercher mon frère.
-Tu peux pas revenir, après ?
-Non.

Je n'avais toujours pas besoin de la regarder pour savoir qu'elle était en train de prendre cet air pincé et vexé. Et blessé. Elle ne demandait pas grand chose de ma part et en étant tout à fait objectif, Noor était une chouette fille. C'était pas la plus belle, ni la plus intelligente -pour ce dernier critère, je savais que je pouvais pas demander à beaucoup de monde d'être du même niveau que moi- mais elle avait du charme et du répondant. Elle était appréciée par pas mal de monde au lycée et savait se défendre. Elle n'était pas non plus du genre à se préoccuper de juste son image et elle prenait soin de ses quelques amis proches. C'était quelqu'un de bien, je le savais, qui avait confiance en elle, en ses capacités, consciente aussi de ses lacunes, mais qui faisait toujours de son mieux. Elle avait eu un crush sur moi et elle avait tenté sa chance. Je ne lui avais pas dit non, après tout je n'avais pas grand chose à perdre.


Et je savais aussi qu'elle s'en remettrait.


-C'est toujours ton frère qui passe en premier. Franchement, ça commence à me gaver. On a jamais de moment à nous.
-Exagères pas non plus.


Je ne cherchais pas plus à défendre mon cas, parce qu'elle avait raison. Josh passait toujours en premier, et ça avait toujours été comme ça. C'était encore plus vrai maintenant. Joshua avait besoin d'être soutenu... Plus que ça, il devait être surveillé, pour sa propre sécurité, parce qu'il avait un ennemi qui voulait sa mort. Et cet ennemi se trouvait dans sa tête, et j'avais été témoins de combien cette chose était dangereuse.  


J'avais alors douze ans, et ça faisait plus d'un an et demi que je ne parlais plus, suite à ce qui c'était passé avec Jasper. A vrai dire, je me sentais beaucoup mieux. Jasper avait souffert, il était sous les barreaux et j'avais appris à être beaucoup plus méfiant pour survivre. Les cauchemars étaient moins nombreux aussi, et pourtant je continuais à garder ma bouche close une grande partie de mon temps. Le psychiatre que je voyais disait qu'il me fallait juste du temps avant que je ne reparle, mais que ça viendrait. Il avait vu d'un bon œil que j'apprenne à parler avec les mains avec mon frère et ma famille. Il n'était plus tout à fait sûr, avec le temps qui passait, que ce soit une bonne chose ; pouvoir communiquer facilement sans avoir à utiliser ma voix me confortait peut-être à continuer ce que je faisais, sans progresser. Mais il n'avait pas son mot à dire ; j'aimais le langage des signes, et jamais je ne rejetterais ça, parce que Joshua avait cherché à m'aider. Joshua essayait toujours d'aider les autres... Mais qui aidait Joshua ? Je me rappelais que la maison n'était même pas spécialement silencieuse. Amber et Eden regardaient des clips musicaux à la télé en bas, pendant que papa était au téléphone. Il jetait des regards agacés à mes sœurs en tentant de leur faire passer comme message de baisser le son, mais elles faisaient mines de l'ignorer. Maman n'était pas là ce jour-là. Je me rappelais que, même si Joshua n'était pas avec nous, je n'avais pas trouvé ça particulièrement bizarre et que je n'étais pas monté pour savoir comment il allait, à la base. Juste aller chercher le chargeur de l'ordinateur portable que j'avais laissé dans ma chambre. Mais dès que j'avais atteint l'étage, j'avais regardé la porte de la salle de bain. C'est là que je l'avais senti. Cette boule au ventre, le besoin d'ouvrir la porte, qui n'était même pas fermée. Je sais ce qu'on dit sur les jumeaux ; ils ont une forme de lien psychique entre eux, ils ressentent quand l'autre va mal, ce genre de chose... Ca tenait trop des croyances, voire de la magie pour un esprit cartésien. Mais ce jour-là, j'avais ouvert la porte parce que j'avais senti que je devais le faire.


Je n'avais pas été là quand mon frère avait tenté de se suicider pour la première fois de sa vie, quand on était beaucoup trop jeune pour savoir ce que c'était, la mort. Je n'avais pas tout compris, à part que quelque chose de grave c'était passé. Ca avait été douloureux. Mais ça n'était rien en comparaison d'y assister. Ca n'était rien face à la vision de son propre frère qui se trouvait dans la baignoire, pâle, dans de l'eau rouge. Joshua était un putain de poète. Il avait voulu faire de sa mort un tableau, une scène graphique, un cliché de film. Il n'avait même pas retiré ses vêtements. Evidement, j'avais étudié ces détails après, bien après, pendant que cette macabre mise en scène avait défilée des centaines et des centaines de fois devant mes yeux. Sur l'instant présent ? J'avais failli m'évanouir. Pendant une seconde. Puis j'avais été paralysé sans savoir quoi faire. Avant que je ne me force à bouger et que je coure jusqu'à Joshua et que je presse mes doigts sur son poignet extirpé de l'eau, essayant d'empêcher le sang de couler. Mon esprit avait fonctionné très rapidement, analysant avec froideur la situation, exposant l'idée que faire un garrot pour que le sang cesse de passer par son bras pourrait aider. Mais à la place, j'avais hurlé.


-Papa ! A l'aide !


C'était la première fois depuis un an et demi que je parlais. Et c'était mémorable dans le mauvais sens du terme. A partir de là, les choses avaient à nouveau échappé à mon contrôle, mon père prenant la situation en main. Non pas qu'il y avait beaucoup à faire dans ce genre de cas, à part appeler une ambulance. Josh avait été amené à l'hôpital et je me souvenais d'Amber et d'Eden, aussi perdues et perturbées que n'importe qui dans la maison, en train de me nettoyer les mains, puisque j'étais incapable de le faire. Le sang de Josh sur moi, quand j'avais tenté de l'arrêter de couler. C'était une forme de consolation, d'être tous les trois ensemble, quand on ignorait si notre frère allait s'en sortir... C'était le cas, et il se trouva incapable de donner les raisons de sa tentative de suicide, à part dire qu'il n'avait juste plus aucune envie de vivre. Sans aucun motif particulier. Nous n'étions pas malheureux. Si nos parents n'étaient pas aussi présents qu'on l'aimerait, notre fratrie était unie. Nous avions des amis. Merde, Joshua avait même un meilleur ami ! Il ne devrait pas avoir envie de mourir... Mais c'était le cas. Et je lui en avais voulu pour ça, pour avoir voulu partir, et je m'en voulais parce que je n'arrivais pas à comprendre et que je ne pouvais pas l'aider. Il avait fallu du temps avant que je ne comprenne que je ne pourrais jamais vraiment comprendre mon frère jumeau, à cause de son esprit. Enfin, ce n'était pas tout à fait correct ; j'avais su très jeune qu'il avait des problèmes. J'avais juste nié que c’était un fossé, malgré tout l'amour et la complicité que nous partagions. Et le protéger de lui-même était devenu rapidement une priorité. Une mission difficile à remplir au quotidien. Les crises de Joshua étaient difficilement prévisibles, on ne pouvait pas savoir quand elles lui tomberaient dessus. Quant aux envies de mort de mon cher frère, on aurait pu croire que ça lui passerait.


Sa dernière tentative datait de seulement quelques mois, et c'était Steve qui l'avait empêché d'appuyer sur la détente.


C'était à partir de ce moment que je décidai de respecter Steve. Il avait évité à mon frère de s'ôter la vie après tout, bien qu'il le faisait souffrir, ce qui m'empêchait de vraiment l'apprécier. Mais c'était pas vraiment de sa faute. A part être un abruti aveugle, ça restait de la faute de mon frère s'il souffrait parce qu'il se refusait à avouer ses sentiments envers son meilleur ami. Mais être borné était un trait de caractère qui se transmettait dans la famille et puisque je ne pouvais pas le forcer à soulager son petit cœur, je pouvais au moins veiller à ce qu'il suive son traitement et aille à ses rendez-vous. Il était seul pour ça, évidemment, et vu son cas, en louper un seul conduirait son psy à appeler directement les parents pour les prévenir, mais ça restait ma responsabilité de l'accompagner, histoire qu'il se sente moins seul. J'avais été en colère contre lui, qu'il ait tenté plusieurs fois de s'ôter la vie, mais il fallait bien comprendre qu'il n'y pouvait rien. Encore moins s'il n'était pas suivi et aidé. Et je voulais l'aider, n'en déplaise aux autres... N'en déplaise à Noor, qui tentait comme elle pouvait de se faire une place dans ma vie, de s'intégrer, et c'était difficile. Je ne considérais même pas que c'était de la faute de mon frère ; Joshua se montrait même sympathique avec Noor, pour le peu de fois où il l'avait rencontrée. Le problème venait surtout de moi, mais je n'étais pas vraiment motivé à changer ça, forçant ma copine à faire tout les efforts. Au point même de faire des choses inutiles juste pour me plaire.


"Hey, j'ai envie d'apprendre le langage des signes, tu pourrais m'apprendre ?"
"Pourquoi tu ferais ça ? C'est inutile."


Elle avait marmonné quelque chose et n'avait plus relancé le sujet, vexée par mon indifférence. Je le savais, mais je n'avais rien dit pour la rassurer ou m'excuser. C'est vrai que j'avais trouvé ça stupide à faire. J'avais même été embêté qu'elle veuille faire ça ; c'était quelque chose que je partageais avec ma famille, encore plus avec Josh. On continuait, même aujourd'hui, à se parler ainsi, quand on voulait se dire quelque chose rapidement sans être entendu. Avec du recul, je comprenais que Noor ait pensé que ça pourrait me faire plaisir. Ca n'était pas de sa faute et j'aurais pu lui expliquer... Ca aurait amené plus de questions de sa part, comme désirer savoir d'où tout ceci provenait, et je n'avais clairement pas envie de parler de Jasper. Avec personne. Et repenser à tout ceci m'agaçait. Je refermai mon livre, , le rangeant dans mon sac alors que Noor me regardait faire.  


-Tu t'en vas déjà ?
-Je t'ai dit que je devais aller chercher mon frère.
-Je sais, je trouve juste que c'est tôt.


C'est vrai. Si je partais maintenant, j'allais devoir glander dans la voiture encore un moment. Mais je préférais ça. Mon sac accroché à mon épaule, je me penchai pour embrasser Noor sur la joue. Elle baissa les yeux, ne disant plus rien quand je quittai sa chambre, puis sa maison. Et effectivement, quand j'arrivai en face du bâtiment, il était encore un peu trop tôt pour que Josh ait déjà fini la séance. Ca ne me dérangeait pas, profitant de ce moment de solitude bienvenu, à grand effort de musique et de cigarettes. Ca faisait quelques années maintenant, et ça avait commencé par une raison stupide. Qui n'avait pas fait de pari idiot, entre ami ou entre frère et sœur ? Et à quatorze ans, on avait beau avoir un gros QI, on restait quand même des gamins, et qu'est-ce que ça pouvait être con, un gamin. Et fier ! Alors, quand Eden avait dit “vous êtes pas cap de fumer”... Forcément, il avait fallu prouver le contraire. Seul Ambre avait été assez intelligente pour ne pas se prêter au jeu, pendant que Josh, Eden et moi, on se passait la boite d'allumette pour mettre le feu aux cigarettes qu'Eden avait réussi à se procurer je ne sais comment. Je pense qu'elle l'avait volé. Bref. On avait fumé et... Je m'étais pas arrêté. Triste destinée pour mes poumons. Eden trouvait ça cool, Ambre et Joshua disaient que ça puait. Et c'était une façon comme une autre d'attendre. Il fallu encore un moment avant que mon frère ne quitte enfin le bâtiment, se dirigeant immédiatement vers la voiture. J'étais toujours là, quand il avait fini. Il claqua la portière derrière lui, pas vraiment tendre, ce qui n'était pas forcément inhabituel ; tous ses rendez-vous l'ennuyaient vraiment. Entre ça et les médicaments, la vie de Josh n'était pas facile, mais il n'avait pas le choix. Je faisais de mon mieux pour ne pas le lui laisser.


-Alors, ça c'est passé comment ?
-Comme d'habitude, à me poser des questions stupides et me faire faire des tests stupides.
-Joshua, ils ont ton dossier. Ils ne peuvent pas te prendre pour un idiot.
-Ce qu'ils me font faire ne va pas me soigner, c'est une perte de temps.


C'était frustrant, j'imagine, de devoir supporter tout ça, en plus de son traitement... Ce que j'appréciais le moins, c'était de me pas pouvoir comprendre tout ça. On avait beau être jumeaux, mon esprit était bien trop sain. Je regrettais presque ça. Je le regardai un instant avant de démarrer la voiture. Tout comme nos sœurs, nous étions de vrais jumeaux. Petits, on s'était toujours amusé à se faire confondre ! Seuls nos expressions, notre caractère exprimait sur notre façon d'être pouvait nous différencier, et même pour ça, on avait appris à “être comme l'autre” juste pour mettre le doute. Mais aujourd'hui, il était plus facile de savoir qui était qui. Joshua était un peu plus maigre que moi et ce n'était pas juste une prise de poids qui arrangerait ça ; j'avais les traits plus carrés que les siens, ma silhouette s'était un tantinet faite plus forte que la sienne, et il était plus petit de quelques centimètres. Je savais qu'il détestait ça, qu'il y avait une forte probabilité que la cause vienne de tous les traitements lourds qu'il prenait depuis si longtemps et qui avait, à la longue, dû commencer à agir sur lui. J'étais prude depuis petit, mais ça me faisait mal au cœur de voir mon frère commencer à se sentir mal avec son propre corps. Je gardai le silence, le laissant tranquille alors qu'il regardait pensivement par la fenêtre, sachant que le calme n'était jamais mal pris entre nous. Mine de rien, même lorsqu'on était ensemble, on ne communiquait pas constamment. Quand on était vraiment proche de quelqu'un, on pouvait rester avec lui sans rien dire, sans rien faire, et ça ne devenait pas gênant. Après, j'étais pas celui qui parlait le plus, donc ce n'était pas anormal de ma part que je ne dise rien et alors, je ne partageais pas cette même tranquillité qu'avec ma famille. Par exemple, Noor supportait de moins en moins mon côté “mystérieux”. En parlant d'elle... Mon téléphone, posé au devant de la voiture, se mit à sonner. Je l'ignorais. Mais pas Josh.


-Je crois que ça sonne.
-C'est sûrement Noor qui m'appelle. Ca va finir par raccrocher.
-T'étais pas avec elle aujourd'hui ? Quoi, vous vous êtes encore embrouillés et c'est pour ça que tu veux pas lui parler ?
-Je suis en train de conduire, petit génie.
-Moi pas !


Et ce crétin s'empara de mon portable au même moment où je tentai de le prendre, justement pour éviter qu'il le fasse. Je lui jetai un regard noir pendant une seconde avant de revenir sur la route. Ne pas se déconcentrer et créer un accident. Ne pas se déconcentrer et écraser une petite mamie sénile. Ne pas se déconcentrer...


-Hey Noor, ça va chérie ? ... Tu te trompes de moins en moins, tu pourrais au moins faire semblant. On n’est pas encore rentré non, il est au volant. Je peux mettre le haut parleur, si tu veux.


Je réussi à arracher mon portable de ses mains, claquant la langue alors que je rapprochais l'appareil de moi pour dire à Noor de me rappeler plus tard, et j'arrêtai l'appel, le téléphone se trouvant loin des mains malheureuses de mon insupportable jumeaux qui avait autant un sourire de connard qu'il semblait intrigué par mon attitude. Fatalement, il ne pouvait que donner son avis sur ce qu'il comprenait.


-Elle va finir par te lâcher, tu sais ? Noor est vraiment sympa, clairement ma préférée de toutes les copines que t'as eues, même si y en a pas eu beaucoup. Mais tu es en train de la fatiguer, comme les autres. Ca m'étonnerait même pas si ce soir, elle t'envoie un message pour rompre.
-Josh, t'es gentil, mais tes relations sont encore plus courtes que les miennes. Et la seule personne avec qui tu pourrais être sérieux, tu n’oses même pas être sincère.
-Nah. Non. Nope. Pas ce sujet là, encore moins pour détourner l'attention.
-Ce que je dis, c'est que t'as pas juste le béguin pour Chris. Être amoureux de son meilleur ami craint déjà. Faire semblant du contraire et continuer comme si de rien n’était, ça va juste te bouffer et ta vie est déjà assez compliquée.
-Merci pour ce résumé. J'avais oublié à quel point le film de ma vie était de la merde.

Le sarcasme ne dissimulait en rien que je l'avais vexé. Ce n'était pas de sa faute s'il était tombé amoureux de Steve. Il était coupable de garder tout ça pour lui par contre et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même de ce que cela engendrait. Sauf que Joshua ne se plaignait pas. Il ne se plaignait jamais de ça, jouait l'ami amoureux et taiseux pour ne pas déranger et c'était, de mon point de vue, très insupportable de le voir comme ça. Surtout depuis que Steve avait clairement le béguin pour une fille, Maya, et que mon frère détestait juste à cause de ça. Quant à moi... J'avais du mal à être objectif, quand ça concernait la famille. Je me doutais d'ailleurs que c'était ce à quoi il était en train de songer et je me prenais à en vouloir à Steve qui était trop con pour ne pas s'apercevoir des peines de cœur de son meilleur ami. Et j'en voulais à Joshua d'être si malin et de cacher tout ça. Je savais qu'il était bête d'être en colère contre Steve ; ce n'était pas de sa faute si mon jumeau préférait se taire et souffrir en silence, comme un stupide film de drame romantique. Je ne voulais pas qu'il ait le rôle du martyr, alors forcément, j'essayais d'aider un peu.


-Ca durera pas avec Maya s'ils finissent ensemble. Mais tu vas juste finir par regretter ton silence.


Joshua, en tête de mule blessée qu'il était, ne dit rien d'autre durant tout le trajet. Ca allait. C'était mon rôle de veiller sur lui.


De retour à la maison, je reçu un message que je ne remarquai que plusieurs heures après. Un message de Noor.



Je ne veux pas attendre plus que tu t'ouvres à moi et je ne veux plus espérer, parce que je sais que tu ne changeras pas.


Joshua était chiant quand il avait raison. Mais ce n'était pas comme si j'ignorais que cela arriverait. Je ne répondis pas à Noor cette nuit-là. Ni les autres.



Dis m'en plus sur toi...
Errr, je suis le DC du vieux papa croco blanc ! Mvoilà voilà... Et j'aime ma chienne (et ça n'a aucun sens bizarre)
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MessageSujet: Re: Collins Hamilton Collins Hamilton EmptySam 3 Aoû 2019 - 13:23
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Une longue, bien trop longue épopée... Ou histoire à lire.



Aussi étrange que ça puisse paraître, Joshua était certainement le plus sociable de la fratrie. Quoique c'était certainement plus compliqué que ça ; il était un génie, et passionné avec ça. Mais c'était difficile de parler avec quelqu'un qu'il pouvait perdre au bout de seulement trois mots. Nos sœurs étaient de vrais papillons, bien plus capables de se faire des relations amicales en quelques minutes, et moi... Moi, c'était juste mon caractère. Mais Josh savait parfaitement s'adapter et il aimait organiser des soirées avec nos amis. Il aimait prendre soin d'eux, aussi dépressif et schizophrénique qu'il soit. Et on peut dire que ce n'était pas un mélange qui encourageait à être socialement acceptable. Joshua pissait sur ça. D'ailleurs, il n'avait pas de problème pour se trouver des histoires sans lendemain. Bref. Il aimait faire des soirées où on regardait tous un film et où on resterait à parler et à boire jusqu'à tard la nuit ou tôt le jour. Nous avions un cercle d'amis... Enfin, plus les amis de mes sœurs et de mon frère ce qui avait fini par former un groupe. Huit habitués... Plus Maya, le crush de Steve que Josh s'efforçait d'accepter parce qu'il était stupide. Il n’était pas le seul ; grosso modo tout le monde était stupide comme l'était les ados pas encore tout à fait adulte. Tout le monde était con, vers dix-huit ans. Après il y avait des gens dans ce petit groupe de débile que j'appréciais plus que d'autres. Abigaël était la meilleure amie des jumelles et elle s'entendait très bien avec Joshua et savait même pour ses problèmes. On était tous d'accord pour dire que c'était la fille la plus chouette du monde. A contrario, j'avais beaucoup de mal avec Raphaël, le cliché du beau gosse rugbyman parce qu'Eden était amoureuse de lui et que j'avais pas l'impression qu'il était quelqu'un de bien pour elle. Mais j'avais appris à tolérer tout ça, parce que tout le monde aimait ces soirées.


Même si Josh trouvait le moyen de se blesser à force de faire de son mieux.


Ca faisait déjà un mois qu'il n'allait plus en cours, m'obligeant à me faire passer pour lui à certains de ses cours histoire qu'il ait des notes et que les parents ne croulent pas sous les appels à propos de l'absence de leur fils. J'arrivais à joindre les deux bouts avec mes propres études, mais... Ca n'était pas facile tous les jours. Je gardais ça pour moi cependant ; j'avais déjà assez à surveiller Josh pour qu'il ne refasse pas une autre bêtise. Et ça n'était pas juste à cause de Maya. Il avait une de ces fameuses soirée cinéma, on avait regardé un vieux dessin animé complètement nul et mal fait, on s'était embrassé à cause du jeu de la bouteille - sans déconner, on devait nous le demander à chaque fois, juste parce qu'on était jumeaux. A force, on prenait ça très à cœur et on se roulait des pelles juste pour dégoûter les autres. Mais ça finissait toujours par revenir ! - Et Steve avait fait ses yeux de cocker à sa belle toute la soirée. Mon crétin de jumeau n'avait pas aimé, et... Ouais. Il déprimait sérieusement, traînait dans la maison sans trop faire grand chose de ses journées... Ca et le fait que son corps changeait à un point qu'il ne pouvait définitivement pas accepter...


Je me rappelais l'avoir découvert par accident. Sûrement essayait-il déjà de cacher tout ça depuis un moment. Le truc chez nous, c'est qu'on avait beau comprendre ce que l'intimité était, on avait toujours été nul avec ça. Alors personne ne prenait la peine d'attendre une réponse avant d'ouvrir la porte d'une de nos chambres. Et j'étais entré dans celle de Josh pour lui apporter les notes des cours qu'il avait manqué et auquel j'avais pu assister. La surprise l'avait bloqué durant quelques secondes, son regard effrayé dans le mien avant qu'il ne réalise et se détourne, attrapant son sweat pour s'empresser de se rhabiller. Il était tellement fébrile et tremblant que ça prit plus de temps que nécessaire, mais il était trop tard ; j'avais vu son torse.


J'avais vu ce qui ressemblait à des seins. Et il y avait tellement de trucs qui passaient dans ma tête que je ne trouvais rien à dire, restant bêtement figé au pas de sa porte, forçant Josh à briser le silence. Ou plutôt, à le laisser s’étirer, préférant notre moyen de communication. Une preuve, s’il en fallait une, qu’il ne voulait pas qu’on l’entende.


Tu n’as rien vu, t’en parle à personne.


Plus tard, avec quelques recherches, j'apprendrai que c'était un triste effet secondaire de son traitement qui foutait la merde dans son corps au point de faire croire qu'il était en pleine transition  ! Sauf que ce n'était pas le cas et que mon frère souffrait de tous ces changements. Sur le moment, j'arrivais à penser à rien, ni à ce qu'il serait bon de faire. Et il essayait tellement de rester calme et fier que j'avais envie de faire quelque chose, de lui dire que ça irait en sachant que ça ne le consolerait pas. Je fis un pas vers lui, les bras tendus dans le geste évident de le prendre contre moi. Mais il le savait et il s'éloigna, un avertissement dans le regard alors qu'instinctivement, il protégeait son corps. Je m'arrêtai net ; il n'avait jamais refusé un contact avec moi, mais au moins ça eu le mérite de me calmer. Je me ressaisis, laissant mon sang froid revenir et je lui répondis. Mon index se posa sur ma bouche, comme l'on faisait pour dire à quelqu'un de rester silencieux, avant que ma main ne se pose, bien à plat sur l'autre qui formait un poing.


Je te le promets.


Josh garda le silence, tendant juste la main pour récupérer ce que j'avais pour lui et il se détourna, fragilisé par ce secret qu'il se trouvait à devoir partager avec moi. Et je ne pouvais pas lui en vouloir pour ça. J'allais avoir besoin de temps pour digérer ce que j'avais vu, et je sais que ce n'était pas quelque chose dont je pourrais discuter avec mon frère. Ce n'était pas juste de la prise de poids conséquente qu'il avait en quelques mois à cause de son traitement dont on parlait... Et comme je venais de lui promettre, je n'avais rien vu.


Mais les secrets n'étaient pas faits pour durer.


Des jours plus tard, j'ouvrais la porte sur Steve qui me saluait avec un gros sourire, Maya tout prêt de lui avec le même grand sourire. Wow. Mes deux personnes préférées.


-Salut Cole  ! Josh est là  ?
-A ton avis  ?


Il cilla, pendant que j'étais en train de me demander ce que j'étais censé faire. Ca faisait depuis la soirée ciné que Josh évitait Steve. Qu'il évitait tout le monde, en fait. Cela dit, il l'avait invité à passer ses vacances avec nous, sur notre île privée... Enfin, sur l'île privée de nos parents où on allait pour être coupé du monde dans un décor de rêve. Rien d'incroyable, juste des trucs de riche. Du coup, il y avait sûrement aucun problème de le laisser entrer. Je ne pouvais pas en dire autant de Maya ; il allait détester la voir et je n'avais pas envie de le voir broyer du noir pour le reste de la journée ! Je me retins de soupirer, les laissant entrer alors que je m'approchais de la cage d'escalier, les tourtereaux livrés à eux-mêmes ; Steve était un gros habitué, il saurait s'installer.


-Josh ?


Pas de réponse. Je commençais à monter les escaliers, juste assez pour enfin entendre l'eau depuis la salle de bain. Il se douchait, donc. Ma réponse obtenue, je redescendis, attrapant ma tablette que j'avais délaissée pour voir qui sonnait à notre porte, passant devant les deux invités surprises sans les regarder. Eden et Ambre étaient maintenant là elles aussi, venant tenir compagnies avec des questions bateaux du style « ca va la vie » ?


-Il va pas tarder.


Je me vautrai dans le canapé, Steve fredonnant dans sa canette de coca qu'il avait trouvée dans notre frigo. Comme j'avais dit, il venait depuis suffisamment longtemps pour tout se permettre. Les jumelles m'entourèrent rapidement pour observer ma partie de gestion de village moyenâgeux, essayant de me donner des conseils sur ce qui était le mieux de farmer, alors même qu'elles ne jouaient pas au jeu. Je ne me rendis pas compte que Maya avait pris les escaliers, trop concentré à observer mon or augmenter à force de vendre des teintures virtuelles et d'envoyer mes bucherons me ramener du bois histoire de mieux me préparer à l'attaque du village ennemi. Joshua trouvait ce jeu nul, il préférait largement perdre ses journées à créer un cadeau à Steve : un jeu vidéo. De vrais geek. Steve aussi me regardait jouer, ce qui faisait pas mal de gens autour de moi, mais l'avantage d'une fratrie, c'est qu'on en prenait l'habitude. C'était lorsque le village ennemi me lança ses chevaliers qu'on entendit des cris à l'étage. Des cris de colère qui nous firent lever le nez, surpris. C'était la voix de Josh, furibonde, qui fut suivie par le bruit de quelque chose qui se brisait violemment. On se retrouva tous debout par reflexe, ma tablette abandonnée alors que des pas précipités dans l'escalier dévoilèrent une Maya terrifiée qui semblait fuir le Diable. Et le diable, c'était mon frère. Je ne l'avais jamais vu avec autant de haine dans les yeux. Fuyant toujours sa colère, Maya se glissa dans le dos de Steve, ses poings fermement accrochés à son haut alors que ce dernier manquait de se faire un torticolis pour la regarder et lui poser une question somme toute légitime.


- Qu’est-ce qui se passe ?
- La salle de bain était occupée, j’ai vu ses seins, c’est tout !


Un silence bizarre tomba derechef et, presque parfaitement synchro, on regarde Joshua qui semblait à deux doigts d'exploser. Merde, putain ! Nos sœurs n'étaient même pas au courant, on avait réussi à le leur cacher ! Elles semblaient plus surprises que choquées, peut-être parce que c'était trop farfelu pour juste l'accepter ou qu'elles pensaient que Maya se moquait de son poids.... Mais moi, je savais très bien de quoi elle parlait, et si un regard pouvait tuer, j'aurais été coupable de son meurtre ; elle venait d'humilier mon frère devant nos sœurs et devant son meilleur ami, elle n'aurait pas pu faire pire que ça et je devais me contrôler pour ne pas la frapper, tous mes muscles crispés. Joshua ne se gêna pas pour perdre le contrôle. Ca alla très vite, même moi je n'avais pu prévoir ce qu'il allait faire et il dégagea Steve et son regard débile du mec qui comprend rien de son chemin, et il n'a aucune retenue quand son poing rencontre la joue de Maya. Au sol, le choc de son regard fut remplacé par des larmes et j'avais aucune pitié pour elle, mais on ne pouvait pas laisser notre frère refaire le portrait de cette fille et j'éloignai Josh en le choppant par la taille, faisant attention à ce que mon autre bras ne touche pas sa poitrine alors qu'Eden était devant lui, essayant d'obstruer sa vue, comme si ça suffirait à calmer sa rage de ne pas voir Maya. Ambre avait filé en cuisine pour trouver de quoi soigner Maya. Steve, évidemment, ne pouvait pas fermer sa gueule et faisait le mauvais choix d'être auprès de sa copine.


- Qu’est-ce qui t’as pris Josh  ?!
- Tu la protèges  ?


Il finit par se calmer, plus rapidement qu'on aurait pu le penser et je sentais que sa colère était remplacée par le chagrin. Parce qu'il n'était plus aussi proche de Steve depuis qu'il y avait cette fille, et qu'il était fatigué. Je le relâchai, sachant qu'il allait juste battre en retraite dans sa chambre. Steve le suivit, sûrement parce qu'il voulait lui parler, là où Josh ne le voulait pas. Ca ne me laisserait pas beaucoup de temps pour mettre les choses au clair. Eden et Amber étaient avec Maya, parce qu'il était évident qu'aller voir notre frère maintenant n'était pas une bonne idée ; c'était trop tôt, alors prendre soin de la pauvre petite victime était ce qu'il y avait de mieux, surtout si elles pouvaient en savoir plus sur ce qui venait de se passer. Mais ça, je le refusais. Sans aucune douceur, j'attrapai le bras de Maya, la remettant rudement debout ; j'étais un peu plus grand et plus fort que Josh, et si elle avait été terrifié par lui, il en irait de même avec moi.


-Si tu racontes ce qui s'est passé aujourd'hui à qui que ce soit, si ça me parvient que t'as balancé... Je te jure que je vais faire de ta vie un enfer.
-Quoi ?
-Pense même pas que je suis incapable de ça. Tu parles, tu dis adieu à ta vie sociale.
-Mais lâche moi, espèce de connard !
-Cole, arrêtes, c'est déjà assez la merde comme ça !


J'ignorai autant les jumelles que Maya qui tentait de se dégager de ma prise. Je jouais rudement des épaules pour éloigner les mains autour de moi et je resserrai ma poigne autour du bras de ma proie. Elle commença à gémir.


-Ca sera pas la première fois que je vengerai Josh. La seule chose qui m'empêche de te faire payer ce qui vient de se passer, c'est que ça toucherait Steve et Josh m'en voudrait pour ça. Mais ne me tente pas.
-T'es taré... t'es aussi taré que ton frère.
-Oh non, je peux être pire que lui.


Joshua n'avait jamais rien demandé de ce qui lui arrivait. C'était juste une foutue injustice. Et sérieusement, ça ne serait pas la première fois. Avec son traitement, avec les voix dans sa tête et ses émotions qui pouvaient juste... disparaître et le laisser vide, les brimades avaient souvent fait partie de sa vie. Avant qu'il ne s'affirme et que sa personnalité se développe assez pour enfin s'adapter, les autres avaient été cruels avec lui, et pas juste les enfants de notre âge. J'avais vu ça, j'en avais été témoin. Et comme Josh m'avait offert plus de justice après Jasper, j'avais fait en sorte de protéger mon frère. Internet était si simple... C'était tellement facile de trouver des données personnelles sur les autres, tout le monde était si dépendant du numérique et du virtuel ! Et les gens devenaient des trouillards quand on menaçait d'exposer tout leurs petits secrets. Je n'aurais aucune pitié à recommencer, même si la personne que je protégeais devait m'en vouloir.


Mes jumelles intervinrent enfin, dégageant Maya de ma poigne que j'acceptai de relâcher, maintenant que j'avais dit ce que j'avais à dire. J'ignorai le regard interloqué d'Eden et Amber. Steve arriva à ce moment, ses yeux clignotant d'une façon irritante alors qu'il osait avoir l'air misérable.


-Il se passe quoi  ?
-Où est notre frère?
-Dans sa chambre, il ne veut pas me parler, il... Ca vaut mieux qu'on s'en aille.
-Ouais. Normal, vu comme tu l'as trahis.
-Cole  !


Je haussais des épaules sous le ton doublement réprobateur de mes sœurs. Je ne disais que la vérité ; objectivement parlant, Steve n'avait rien fait de mal à prendre la défense de Maya sur le coup. Elle avait été attaquée par Joshua sans qu'il sache l'exact contexte de sa colère. Mais ça ne changeait pas que mon frère se sentait sûrement plus bas que terre, et rien ne m'obligeait à être objectif sur tout ça. On reconduisit nos deux invités jusqu'à la porte, et je ne lâchai à aucun moment Maya du regard, jusqu'à ce que la porte soit claquée dans son dos. Josh ne quitta pas sa chambre du reste de la journée.



○○○○○○○○○○




-Tu penses quoi de celui-là  ?
-Eden, soeurette... Il fait flipper. Josh a déjà assez de problème comme ça, on va pas en plus lui rajouter un vampire pour garder la porte de sa chambre  !
-Tu es sûr qu'on a le même frère Amber ? Il adore les films d'horreur, il va l'adorer  !
-Sa vie est déjà un film d'horreur et il s'en passerait bien.
-Les filles, vous aidez à que dalle, là. Et on nous regarde.


Non pas que ça me dérange que les gens nous regarde parce qu'on faisait trop de bruit, mais on était en « mission » importante. Elles pouvaient bien faire un effort et arrêter de se chamailler ! Je quittai mon portable des yeux avec un soupir, alors que je regardais d'un air ennuyé l'objet de leur débat. Honnêtement, ça ne ressemblait pas trop à un vampire, pas si on pensait côté pop culture. L'hybride chauve-souris avait de grandes ailes qui devaient sûrement être plus décorative qu'autre chose. Ses oreilles étaient pointues et je pouvais deviner de longues canines comme celle d'un vampire, effectivement. Mais l'hybride avait un teint plus foncé, des yeux complètement noir et je pouvais voir la présence d'une sorte de collerette de fourrure autour de son cou, sous son bel habit soigné. Il était pas trop mal, quoiqu'on en dise. Mais j'étais pas sûr qu'il plaise à Josh. Et avant toute chose, il fallait quelqu'un de costaud qui pourrait gérer mon frère. Or, les ailes m'avaient l'air trop encombrantes et trop faciles à atteindre pour essayer de neutraliser l'hybride avec la douleur. Oh, mon frère était adorable et il ne prenait pas plaisir à s'en prendre à quelqu'un gratuitement, mais il pouvait être dangereux pour lui-même et ceux qui l'empêcheraient de se blesser. Je voulais qu'on trouve quelque chose d'optimal. Un truc solide et fort, mais quand même agréable à regarder. Je voulais qu'il plaise à Joshua, parce que je savais que la surprise risquait de vraiment pas lui plaire.


Et comme c'était une surprise, il n'était pas là avec nous. On avait tous profité qu'il soit à une séance, la dernière avant nos vacances, alors c'était le moment idéal pour qu'il n'ait pas trop de soupçons. Ca voulait aussi dire que nous n'avions pas tout notre temps pour trouver un hybride qui remplisse nos critères... Papa et maman étaient à l'extérieur, attendant qu'on fasse notre choix et si ça m'agaçait qu'ils ne participent pas à tout ça, ils étaient aussi conscients de la réalité des choses ; leurs enfants étaient bien plus capables de savoir ce qui pourrait aider leur fils malade qu'eux.


Depuis que Josh avait frappé Maya, son état était... Ca ne s'était pas détérioré comme nous le craignions. Joshua avait l'air relativement peu atteint par tout ceci, bien qu'il soit toujours aussi solitaire. Il ne parlait pas de ce qui s'était passé, et s'il acceptait la présence d'Abby... Ce n'était pas le cas de Steve. Ce dernier me remettait des lettres que je devais passer à mon frère, et ce dernier les utilisait pour alimenter la cheminée. Sans les lire. On pourrait dire que Steve était lâche de ne pas aller voir lui-même son meilleur ami blessé, mais la vérité  ? C'est que je lui interdisais de venir chez nous pour le moment. Pas après le choix qu'il avait fait. Je voulais que Joshua prenne du recul, mais... Le problème, c'est qu'on avait tous peur que ça finisse par exploser dans sa tête et qu'il fasse une connerie à cause de tout ça. Même s'il avait l'air aussi bien qu'on puisse l'être dans une telle situation, il avait quand même l'air d'être un gros cadavre. Enfin, gros... Il avait commencé à perdre du poids, ce qui m'alarmait bizarrement ; ça aurait pourtant dû me réjouir de voir enfin un changement dans les terribles effets secondaires qu'il avait dû supporter jusque-là. Il avait aussi l'air un peu plus alerte qu'avant, ce qui me donnait juste l'impression d'un calme avant la tempête, d'où la nécessité de lui trouver un gardien plus... compétant que nous. Et alors même qu'on avait jamais eu d'hybrides à notre service, nous voilà pour en trouver un. Un qui pourrait tenir compagnie à Joshua et le surveiller. C'était bizarre de se dire qu'on allait en avoir un, mais c'était pour la bonne cause ! Et à force de regarder partout, c'est là que je le vis.


Il s’appelait Ethan, d'après l'étiquette. C'était possible de le changer car apparemment, il était bon pour s'acclimater. Un hybride loup à l'allure fière et droite. Bien campé sur ses jambes et le menton haut. Il ne bougeait même pas alors qu'on se trouvait à trois à lui tourner autour, mes sœurs ayant elles-aussi senti le bon filon. C'était à peine si l'une de ses oreilles bougeait pour continuer à faire attention à nous et à ce qu'on pourrait faire. Il coûtait vraiment cher, parce qu'il était évident qu'il était destiné à une riche clientèle, et qu'il en était digne. Le genre d'hybride qui avait eu une éducation poussée. Il ne serait pas aussi intelligent que mon frère... Mais j'aimais que ça soit un loup. Un loup, c'était fort et sauvage, mais ça avait quand même un esprit de famille, de groupe. Bien dressé, je pense que sa fierté de faire les choses bien et ce, jusqu'au bout, serait un atout contre le caractère borné de Joshua. Il ne fallait pas un truc fragile, pour lui. En plus, il n’était clairement pas moche.


Il était parfait. Joshua allait définitivement détester ça !


Personne ne lui dit rien. D'un commun accord, on décida de lui faire la surprise quand nous serions sur notre île. Si ça ressemblait au bête désir de faire plaisir à quelqu'un, c'était surtout que, coincé en plein milieu de la mer, Joshua ne pourrait que supporter la présence de son nouveau cadeau et il aurait ainsi un temps pour s'adapter à sa présence. Beaucoup dirait que ce n'était pas une bonne attitude à avoir avec un membre de sa famille, que ce serait le piéger en niant ce qu'il souhaitait. Beaucoup n'avait pas Josh dans la famille et le besoin de passer outre ce qu'il voulait pour son propre bien. Maintenant, il y avait le reste à préparer, c'est-à-dire, le reste de la surprise pour Josh qui était d'inviter des amis. Il n'y avait qu'Abby qui n'était pas une surprise et viendrait en même temps que nous, parce que tout le monde adorait Abby. Ca faisait trop longtemps qu'il ne voyait personne, il était temps de faire quelque chose, même si là encore, il risquait de ne pas vraiment aimer. Eden et Amber s'occupaient de ça ; elles étaient plus douées pour rassembler que moi de toute façon. Je savais qui il ne fallait pas inviter... Steve et Maya ne pourraient pas venir. Je ne pensais pas qu'ils voudraient venir de toute façon, vu comment ça c'était passé la dernière fois, mais je refusais de les voir près de mon frère. C'était trop tôt. Et s'il fallait pousser Josh à reprendre contact avec le monde extérieur, mieux valait y aller pas à pas. Déjà que ça allait faire beaucoup d'un coup, mais on pouvait clairement pas le laisser décrépir dans son coin en se disant que ça irait mieux, C'était pas prendre soin de lui. Mais même sans le vouloir, on finissait bien souvent à retomber dans ce genre de travers?


Les choses se passèrent comme prévu. Dans le sens où, quand on arriva sur notre île après quelques heures de vol, Josh ne faisait pas grand cas de l'hybride et de ce qu'il représentait vraiment alors que ce dernier nous servait de chauffeur, et qu'il ne s'attendait pas à voir les personnes que nous avions invité. Il ne le dit pas, mais il chercha évidemment Steve parmi les invités. Il n'y était évidemment pas. Et quand il apprit que l'hybride loup, Ethan, qui nous avait conduit ici était en fait son tout nouveau -et tout premier- hybride personnel, il fit une drôle de tête qui n'avait sûrement pas de prix. Je demanderais à Thalia de me passer la photo qu'elle avait prise de ce moment avec son téléphone. Et puis je l'obligerai à l'effacer du sien, tiens. Bref. Josh ne fit pas de crise en voyant toute cette agitation. Il ne fit pas de crise après non plus, ce qui semblait être positif. Ca lui arrivait d'aller dehors tout seul, mais suivi de près par Ethan qui prouvait pour l'instant qu'il savait se tenir à sa principale mission ; prendre soin de Josh et être là pour lui-même quand il ne voulait pas de sa présence. Et... Il y avait quelque de bizarre avec cette situation. Je n'avais plus besoin de m'inquiéter autant qu'avant de ne plus avoir Joshua dans mon champ de vision. Il avait quelqu'un de compétant à ses côtés et qui serait assez têtu pour ne pas plier devant les caprices de mon frère. C'était un hybride, une personne que je ne connaissais pas, alors le manque affectif faisait que je ne pouvais lui faire confiance comme je ferais confiance à un membre de ma famille. Non, la confiance que je pouvais placer en Ethan était la même que l'on placerait en une personne qui était doué dans son boulot. Et encore, j'avais juste un peu de réserve sur son cas, au cas où. Mais jusque-là, il suivit Josh comme un petit toutou et ne le laissait jamais seul bien longtemps. C'est ce qu'il fallait avec lui et... C'était ça qui était étrange. Parce que je n'avais plus à veiller avec la même intensité sur mon frère comme je le faisais. Ca aurait dû me soulager. C'était pour ça qu'on avait acheté un hybride ; pour qu'on puisse faire nos vies sans fatalement devoir la mettre en parenthèse à cause de Josh. C'était... horrible, dit ainsi. Mais les parents pensaient que ça ferait aussi du bien à leur fils qu'on ne soit pas tout le temps sur son dos, parce que tout le monde dans la famille savait que Josh était super sensible et voulait notre bien, lui aussi. Tout le monde s'amusait plus ou moins, pendant ses vacances. Je pouvais pas dire que je n’appréciais pas ces quelques jours loin de tout, mais putain. C'était quoi cette horrible impression de culpabilité ? Je n'étais pas en train d'abandonner mon frère ! On faisait tous ce qu'on pouvait pour l'aider. On ne le laissait pas derrière nous, on... Je...


-Hey !


Je tournais la tête vers Abby, alors qu'elle s'approchait de moi. J'étais installé à l'entrée de la maison, laissant les autres s'amuser à l'ombre entre les murs de la demeure ou faire les fous sur la plage. Josh se mêlait à l'occasion aux autres, ce qui était une bonne chose, mais je n'arrivais pas à partager l'enthousiasme général. Abigaël faisait un peu trop attention à tout le monde à mon goût, surtout quand j'avais ce genre de pensées dans la tête. Elle avait peut être un radar à pensées nulles. Je me détournai d'Abby alors qu'elle froissait le nez à l'odeur du tabac. Chacun son mal !


-Josh est toujours dans sa chambre ; on l'a pas vu de la journée.
-Je sais. Tu sais que c'est pas étrange avec lui, c'est déjà bien qu'il ait fait autant d'effort depuis qu'on est là. Ca lui fait du bien.
-Sauf que c'est Josh ; on peut pas savoir si c'est vraiment le cas.
-Excuse moi, tu es devenue sa jumelle depuis quand pour tout savoir sur lui ?
-Vous êtes pas aussi mystérieux et complexes que vous voulez le croire, débile.


Je reniflai, mes lèvres tressautant, amusé malgré moi par son attitude. Définitivement, Abby était la préférée de tout le monde, même quand elle faisait la maligne. Même quand elle avait raison sur mon frère, et que ma fierté me poussait à ne pas aimer qu'on pense mieux le connaître plus ou autant que moi. Un silence s'installa un moment et je savais qu'Abby n'était pas là pour juste me parler de Josh et de sa tendance à s'enfermer quand c'était trop dur pour lui. Sa voix ne tarda pas à s'élever à nouveau, couvrant facilement le bruit qui venait de l'intérieur de la maison.


-Et toi, ça va ?
-Non.
-Tu veux en parler ?
-Non.
-D'accord, ça va si je reste encore avec toi ?


Je haussai les épaules, ne m'exprimant pas et la laissant faire ce qu'elle voulait. De toute façon, elle semblait bien décider à rester. Et ça me dérangeait pas particulièrement qu'elle reste là. Sauf si elle commençait à parler d'autre chose, comme...


-J'ai vu Noor, y a pas longtemps.


Comme des trucs privés qui me regardaient plus.


-Tu ne veux pas savoir comment elle va ?
-Je m'en fous.
-Elle a une nouvelle copine. Alizée, elle était dans ma classe avant. Elle a l'air heureuse.
-Super.
-Ca te fait vraiment rien ?
-Non, elle avance et tant mieux pour elle.
-Je parlais pas de ça, mais de comment tu étais avec elle.


Je lui jetai un regard noir, lui lançant le défi d'oser continuer. Mais c'était l'une des raisons de pourquoi Abigaël était spéciale pour toute la famille. Elle n'était pas impressionnée par nous, la fratrie de génie intello aux répliques cinglantes. Elle n'avait absolument pas pitié de l'état de Josh mais elle savait qu'il avait des problèmes, elle s'entendait à merveille avec les jumelles et elle en avait aussi rien à faire que je puisse être menaçant. J'aurais beau la regarder aussi fixement que je le pouvais, elle n'allait pas baisser les yeux. Pourquoi Josh n'était pas tombé amoureux d'elle à la place ? Au moins, elle s'en serait rendu compte, tout comme elle savait déjà qu'il avait un truc pour Steve, ce débile aveugle. Qu'elle aurait répondu ou non à ses sentiments, elle ne l'aurait pas laissé dans ce flou douloureux dans lequel il se noyait bêtement. Bon sang, elle avait l'air de vouloir parler de mon absence de vie sentimentale, mais quand je voyais les galères de mon frère, je n'avais vraiment pas envie de m'engager dans quoique ce soit ! Je pourrais bien lui dire ça, mais ça ne serait pas cool pour mon jumeau. Alors je me contentai de rien dire, en espérant qu'elle lâche l'affaire. Et sachant qu'elle ne le ferait pas.


-Je me demande pourquoi tu as accepté de sortir avec elle, si tu n'étais pas motivé à faire quelque chose de cette relation. C'est pas la première fois que ça arrive.
-Peut être que j'espère qu'à force, toutes les filles se diront que je suis un connard et qu'elles arrêteront de demander après moi ?
-Est-ce que tu as déjà pensé à coucher avec un garçon ?


J'éclatais de rire, ce qui était bien l'une des rares choses qui surprenait Abby. Il fallait dire que j'étais clairement pas le plus expressif de la famille, mais elle me demandait ça avec une telle honnêteté que je pouvais juste pas me retenir ! Ce n'était pas le genre de choses auxquelles je voulais particulièrement penser. Parce que je pensais vraiment pas que c'était là le problème. J'en avais juste rien à faire... Et pire que ça, même si c'était quelque chose que je refusais d'avouer, ça me faisait peur. Ca me faisait foutrement peur de penser qu'en essayant, Jasper reviendrait à nouveau me hanter.


-Tu penses que je suis gay et que c'est pour ça que je laisse les filles se fatiguer de moi ?
-A ce stade, tu pourrais tout aussi bien être asexuel. Ou aromantique.
-Tu commences sincèrement à ne plus m'amuser.


Je laissai ma cigarette tomber par terre, l'écrasant du talon pour étouffer la cendre. J'avais d'un coup très envie de mettre mes mains autour du petit coup gracile d'Abigaël et de serrer. La sensation me démangeait les doigts, mieux valait que je m'en aille, si Abby n'était pas motivée pour ça, parce que je me refusais à faire quelque chose que je regretterais forcément, parce que c'était elle. La famille m'en voudrait vraiment si j'avais un geste ou des paroles malheureuses contre elle. La fuite n'était pas ce que je préférais, mais parfois, elle était le meilleur choix. Je m'éloignais de la balustrade, m'en détournant pour rentrer dans la résidence. Je pouvais sentir Abby me suivre du regard, incapable de se la fermer.


-Quand Josh comprendra à quel point tu mets ta vie entre parenthèse pour lui, il souffrira. C'est pour votre bien à tous les deux que tu dois penser à toi !
-Je ne suis pas dépendant.


Je grondai, la laissant plantée là et regagnant ma chambre sans tarder, évitant les autres. Il ne fallu pas longtemps pour que je me laisse tomber sur le lit, un bras sur les yeux pendant que mes poumons faisaient sortir tout l'air emmagasiné en eux. Quand Josh comprendra... Quand. Pas "si", mais quand, comme si ça ne pourrait qu'arriver et qu'il n'y aurait pas d'autres choix que la culpabilité qui frapperait mon frère, qui avait déjà bien assez avec les voix dans sa tête. Mais il aurait tort, tout comme Abby avait tort. Ca n'arriverait pas, parce qu'il n'y avait rien à regretter. Je ne sacrifiais rien du tout, c'était normal que je prenne soin de lui, C'était mon jumeau, mon frère... C'était ma famille, et on devait s'aider les uns les autres. C'est tout. De plus, il n'était même plus vraiment tout seul ; il avait Ethan, ce qui voulait dire qu'il n'avait plus autant besoin de moi qu'avant. Je fermai les yeux, une drôle de fatigue s'emparant de moi. Peut-être qu'il n'avait plus besoin de moi.


Les choses iraient mieux.


Je fus tiré de mon sommeil brutalement, alors que des bruits d'objets cassés et des cris qui n'avaient presque rien d'humain tant il était... Terrifié. Une peur à l'état peur que je pensais venir d'un quelconque rêve sans image si intense qu'il me poursuivait encore dans mon réveil. Mais il ne fallu pas longtemps pour que je comprenne que c'était réellement en train de se passer, et que c'était Josh qui hurlait comme ça. Je sautais hors de ma chambre, bousculant je ne sais qui qui me bloquait le chemin. La chambre de mon frère n'était pas loin, mais ça me paraissait étrangement long d'y entrer. La porte était déjà ouverte quand j'arrivai, m'offrant la vision d'Ethan, tentant de restreindre les mouvements de mon frère qui luttait pour s'échapper. Ethan avait la lèvre inférieure éclatée ; qu'importe la corpulence de quelqu'un, quand il passait en mode automatique et qu'il y mettait toutes ses forces, c'était compliqué de retenir tout ça. Et si j'ignorais ce qui faisait autant paniquer Josh - le regard que me lança durant deux secondes l'hybride me fit comprendre que lui aussi, il ne savait pas - je ne cherchai pas à comprendre et je partis aider Ethan, avant que mon frère ne se blesse. Parce que c'est ce qui se passait généralement, dans ce genre de situation.


Josh fini par se calmer après qu'on ait enfin réussi à le neutraliser, et après un temps encore plus long à le garder comme ça. Je m'en étais tiré avec un vilain coup dans les côtes qui allaient me les laisser sensibles pour plusieurs jours, et un hématome dans la joue. Josh avait l'air complètement ailleurs et surtout bien trop fatigué pour retenter un tel exploit. Maman était maintenant à son chevet et je l'imaginais assise à côté de son lit, en train de caresser les cheveux de son fils avec toute la douceur dont elle était capable, et se rongeant les ongles de son autre main. Papa ne devait pas être loin aussi, à nouveau dans un état de désespoir de voir ainsi la chair de sa chair se détruire à cause d'un mal intérieur que personne ne semblait pouvoir convenablement contrôler. Moi, je me retrouvais en «  petit comité  », relativement soigné et fumant ma troisième clope en dix minutes. Il y avait les jumelles, Abigaëlle et Ethan, parce que même s'il voulait continuer à veiller sur Josh tel le bon toutou qu'il était, il avait été décidé qu'on devait le soigner. Ce qui faisait qu'il assistait à une conversation qui ne le regardait pas du tout. Comme prévenir Steven de ce qui se passait. Mon avis là-dessus était tout désigné.


-Non, absolument pas d'accord.
-Cole, sérieux, tu peux être con des fois.
-C'est pas à cause de moi que Josh est dans cet état. Par contre, Steve et «  l'amour de sa vie à temps limité  » ne peuvent pas en dire autant.
-T'es vraiment injuste, Steve n'a jamais voulu faire du mal à Josh, tu le sais bien  !
-Et puis... Il reste l'ami de Josh, il a toujours été là. Il participait toujours à ce genre d’événements, peut-être que son absence est la raison pour laquelle il a fait cette crise de panique.
-Même si c'était le cas, Steve ne mérite pas d'être auprès de Josh. Il est pas là, point. On va pas le faire venir en Jet privé juste pour voir si ça va mieux. On est même pas sûr que ce soit ça.
-Si je puis me permettre... Je pense qu'il peut être bénéfique que le jeune maître retrouve son ami lorsque vous quitterez l'île pour retourner chez vous.


Je me retournai violemment vers Ethan, presque choqué qu'il se la ramène comme ça. Il ne nous connaissait pas, il était juste un hybride, le petit jouet garde-du-corps à qui on demandait juste d'avoir des muscles et un peu de culture générale pour protéger et distraire Josh. Il était rien, il était que dalle et il osait parler ? Ethan était plutôt impressionnant, mais ça ne m'empêcha pas de gronder.


-N'oublie pas ta place, et ne pense pas connaître notre frère. Je sais ce qui est bon pour lui, et Steve ne l'est pas.
-Je crains que votre colère ne vous aveugle... Je ne connais pas toute l'histoire, c'est vrai, mais si ce Steve est un ami cher au jeune maître, alors la réconciliation lui ferait le plus grand bien. Et c'est tout ce que nous devrions souhaiter.
-Cole... Il a raison. On doit laisser Steve revoir Josh.


Je tremblais presque de rage. Comment pouvaient-ils me faire ça  ? Nous faire ça, à Josh et moi ? Après ce qui s'était passé, ils pensaient vraiment que Steve serait la solution miracle ? C'était faux, ça ne ferait qu'empirer les choses. Ca pourrait peut-être bien se passer au début, mais... Steve était qu'un idiot, et s'il était encore avec l'autre, Josh ne pourrait qu'à nouveau se blesser. Non... Josh serait blessé parce qu'il garderait encore ses sentiments envers son crétin de meilleur ami, et à nouveau, il se casserait les dents là-dessus. Et je ne voulais pas assister à ça, pas encore ! Sur les nerfs, je me mis à signer. Comme trop souvent, la colère bloquait ma voix, et je n'avais plus que mes mains pour m'exprimer. Ethan leva légèrement les sourcils en me voyant faire, un semblant d'intérêt et de curiosité dans ses yeux, mais je l'ignorais, continuant de furieusement signer devant mes sœurs et leur amie. Eden soupira, secouant la tête avec irritation.


-Cole, si tu as quelque chose à dire, tu le dis à voix haute. J'ai pas la patience, là, et ça sert à rien de te parler quand tu es dans cet état.

Je reniflai, profondément vexé. Et blessé aussi de voir tout le monde se liguer contre moi. J'avais juste l'impression d'être le seul à me soucier de mon frère, le seul à penser au long terme et à ce que ça finirait par lui faire, de vouloir laisser une autre personne que nous s'occuper de lui. Parce que c'est comme ça que je voyais les choses. Comme avec Ethan, on essayait de faire revenir Steve pour qu'il prenne le stress et l'angoisse à notre place. Furibond, je quittai la pièce. Ca ne servait à rien de continuer à lutter contre eux. Parce que quoi que je fasse, elles allaient prévenir Steve, avec la putain de bénédiction d'Ethan.


Et moi, j'avais juste l'impression que les choses iraient de plus en plus mal.



○○○○○○○○○○




-Hé, c'est pas le nouveau ? Collins Hamilton ?
-Mh  ? Oh, oui, ça fait à peine quelques jours qu'il a intégré notre section... Il parait qu'il a eu d'excellents résultats.
-Et pas qu'un peu ! C'est rare de voir des éléments si jeunes réussir à entrer dans le FBI... Il a tout juste l'âge pour acheter légalement de l'alcool !
-Tu exagères.
-Si tu t'intéressais un peu à l'actualité, tu saurais de quoi je parle.
-Je supporte pas les tabloïds, Branson, encore moins ce que tu lis. C'est un ramassis de connerie.
-Ah oui ? Alors j'imagine que ça t'intéresse pas de savoir que le bleu est l'un des fils de Joshua Hamilton?
-Joshua Hamilton ? Ca me dit quelque chose...
-Peut-être que tu as de la culture, finalement. C'est un scénariste, il est très connu pour ses films d'horreur. Où tu as entendu parler du scandale autour de son autre fils, Joshua Junior Hamilton...
-J'ai toujours trouvé ça brouillon, ces histoires de « junior » et « senior ».
-Bradley.
-Oui, oui. Pardon. Continue ton histoire. C'est quoi le rapport entre sa star de père et le fait qu'il soit ici ?
-Et bien, tout le monde dit que ses quatre enfants sont des génies. Deux pairs de jumeaux, d'ailleurs, les plus jeunes font encore leurs études, il me semble.
-Ok, Branson, tu sais que tu es flippant de connaître ce genre de détails. Si tu es si fan, tu peux toujours demander un autographe au bleu, je suis sûr qu'il va pas du tout angoisser de te voir débarquer et dévoiler toute sa vie devant lui.
-Mais c'est pas ça, le plus étrange !
-D'accord, il ne m'écoute même plus.
-Je te l'ai dit, mais il y a eu un scandale autour de Joshua Junior. Il a enfermé dans un asile, on ne sait pas lequel.
-Hu.
-On ne sait pas trop ce qui s'est passé ; apparemment il a toujours été malade et il a fait une grosse rechute. Il y en a qui pense qu'il a une fascination malsaine pour les hybrides, au point où il voulait tuer des humains pour eux. Il y en a qui dise qu'il voulait transformer tous les humains en hybrides.
-C'était intéressant, mais maintenant ça m'a encore l'air d'être une théorie du complot.
-Écoutes ! Il n'a pas été arrêté pour rien, quand même. Et son état psychologique a été sans appel ; il est malade mentalement, Schizophrénie, dépression... Vu le dossier qui a fuité, il n'est pas prêt de sortir de son trou; il est aussi dangereux pour lui-même que pour les autres.
-Et tu y crois vraiment, comme quoi il est possiblement un criminel ?
-Je sais pas. Mais c'est sûr qu'il a des problèmes et qu'il doit être mieux là-bas... Il sera sûrement bien traité, avec les soins qu'il faut, mais je me demande bien ce que son frère fait ici.
-Peut-être qu'il veut gravir les échelons rapidement et ainsi utiliser les ressources du FBI pour ouvrir une enquête et libérer son frère ?
-Tu crois ?
-Non, crétin. Je m'en fiche de connaître ses raisons, ce que je sais en revanche, c'est qu'il est notre collègue. Alors tu gardes tes conneries pour toi.


Ce genre de conversation, il y en avait eues depuis que j'étais arrivé. Après tout, on ne rentrait pas dans le FBI sans une inspection minutieuse de notre vie privée. Il ne fallait pas accueillir un quelconque sociopathe ou ancien vendeur de drogue, quand il était question de défendre les Etats-Unis. Les rumeurs allaient bon train pour moi, portant le poids d'une étrange malédiction, celle qui venait avec les génies, réussissant leur parcours avec bien trop d'éloges pour ne pas intriguer, et celle de ma famille et de la notoriété bafouée par l'un des fils prodiges, mais malade. Toutes ces années à réussir à rester dans la discrétion sur ce sujet, malgré la presse people, avait fini par voler en éclat lorsqu'un triste jour, on avait décrété que mon frère n'était absolument pas apte à vivre en société, malgré son intelligence qui ne pouvait que faire avancer la science.


Josh avait enfin trouvé une stabilité. Ca n'avait pas été facile, mais retrouver Steve l'avait aidé, ô combien mon ego s'en était trouvé bafoué. Il avait fini par reprendre ses études, à aller mieux, malgré quelques moments sombres. Comme dit, ça n'avait pas été de tout repos, mais il y était arrivé. Il avait fini quelques parcours scolaires précédemment entamés avant de se concentrer sur la biologie. Mon frère était trop gentil, il voulait aider. C'est vrai, il avait une forme d'intérêt pour les hybrides, mais elle n'était pas du tout malsaine, au contraire ! Il voulait faire des études dessus... Il n'en parlait pas beaucoup, peut-être parce qu'il savait déjà que c'était dangereux. Ou peut-être parce qu'il ne voulait pas trop en dire au cas où il ne rencontrerait que des échecs. Mais jamais il n'avait souhaité faire du mal à qui que ce soit. Il voulait aider les hybrides, il voulait les « soigner ». Je ne m'étais pas inquiété, juste rassuré de le voir aller de l'avant, trouver un centre d'intérêt enfin à sa hauteur et gagner son indépendance, toujours secondé par Ethan avec qui sa relation était... J'avais des doutes. J'étais même persuadé de certaines choses entre eux. Mais si ça aidait Josh, alors je ne disais rien, essayant enfin de me trouver. Qu'est-ce que je pouvais bien faire de ma vie ? De mon cerveau ? J'aimais les ordinateurs, je pouvais bien me diriger dans ce domaine. Et en même temps, rester constamment sur un ordinateur toute la journée durant des années, était-ce vraiment quelque chose qui pourrait m'épanouir ?


Ce qui était sûr, c'est que je ne songeais pas me diriger vers la sécurité nationale, mais voilà. Un jour, on nous enleva notre frère. Un enfant à mes parents, la moitié de moi-même. Une rechute, soudaine, intense, flagrante. Trop dangereux pour lui-même et les autres. Le mieux ? L'enfermer en espérant un rétablissement dont la possibilité n'éveillait qu'un faible espoir pour ceux qui l'avaient diagnostiqué. Mais je n'y croyais pas. Peut-être était-ce moi qui criais au complot dans l'histoire, mais je ne pouvais me résoudre à l'idée qu'il avait été enfermé parce que sa maladie l'avait emporté. Non, il allait mieux, bien mieux qu'avant ! Ca n'était pas parfait, parce que ça ne le serait jamais avec un esprit comme le sien, mais il allait bien ! Et j'étais sûr d'une chose ; si mon frère restait dans cette prison aseptisée, il irait de plus en plus mal... Je l'avais visité, très souvent. Nous l'avions tous fait ; les parents, les sœurs, nos amis... Le pauvre Ethan avait moins d'occasion, les hybrides pas vraiment acceptés, sauf ceux du personnel. Et c'était flagrant de voir comment il avait vite dépérit, jusqu'à ce que... Qu'il soit à peine conscient de notre présence. Qu'il soit clair que les sévices ne pourraient que le condamner à rester ici. Mes parents avaient beau batailler, faire appelle à la justice, à leur contact, tout... Rien n'y faisait et le scandale n'aidait en rien. Après tout, qui voudrait aider quelqu'un qui est cliniquement déclaré schizophrène depuis son enfance ? Moi. Si j'étais là où j'en étais, ce n'était pas pour rien. Il suffisait d'attendre, d'impressionner tout le monde, de me donner à 200% jusqu'à ce que je sois un élément important, indispensable, et que je puisse mener ma propre enquête sans m'attirer les soupçons et la désapprobation des autres. Josh... J'espérais qu'il tienne le coup, le choc. Les autres continuaient d'aller le voir, ils avaient dû lui dire pourquoi je ne venais plus ou presque. Je ne l'avais pas abandonné. Je ne l'avais jamais abandonné et un jour, je reviendrai le sortir de là. Je le sauverai.


Ca n'arriva jamais.
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MessageSujet: Re: Collins Hamilton Collins Hamilton EmptySam 3 Aoû 2019 - 13:24
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Une longue, bien trop longue épopée... Ou histoire à lire.



-On n'a presque plus de munitions, il faut réussir à en trouver, sinon on ne pourra pas tenir le coup.
-Et où tu veux qu'on trouve ça, génius ? Les armoires ont été vidées par les hybrides, ils ont détruit toutes les armes qu'ils pouvaient trouver.
-On peut peut-être en trouver dans les maisons ? Si elles ont été cachées ?
-C'est pas une invasion de zombie qu'on subit, Lucas ! Nos ennemis sont des créatures intelligentes qui ont pris possession de nos demeures. On ne peut pas juste pénétrer dans la première maison qu'on croise et fouiller, en espérant que personne ne nous tombe dessus.


Je jetai un regard morne à la discussion qui devenait de plus en plus tendue, nourrie par les sentiments négatifs de chacun. Pas question de hausser le ton, cependant. La discrétion était bien trop importante dans notre survie. Malheureusement pour Lucas et pour tout le monde, nous ne pouvions pas prendre un tel risque. J'étais d'accord ; éviter les villes était tout ce qui nous restait. Nous n'étions pas forcément en sécurité dans la vie sauvage non plus ; les hybrides s'adaptaient plus facilement que nous, ça ne serait pas une surprise d'en voir un rôder dans les environs, mais une mauvaise surprise. S'il était seul, on pourrait le maîtriser au moins, et s'en débarrasser. Sans compter que les deux hybrides chiens de notre petit groupe pourraient sûrement les sentir arriver si le vent nous était favorable.


Si évidemment, ils n'étaient pas des traites comme tous les autres hybrides.


Ce n'était pas arrivé d'un seul coup. Nous avions juste refusé de prendre conscience du danger qui grandissait parmi nous à temps, et lorsque ça avait pris assez d'ampleur pour nous mettre à mal, il était alors trop tard. C'était déprimant et profondément frustrant de voir que le gouvernement lui-même était tombé, parce que les hybrides faisaient tellement partie de la vie de tous les jours qu'ils étaient en son sein, et qu'ils avaient pu attaquer de l'intérieur. Des foutus armes vivantes qui s'étaient retournées contre leurs propriétaires. On était au courant de cas isolés depuis des années ; des hybrides qui agressaient des humains, allant parfois jusqu'à tuer leur maître... Après tout, même une fille souris était plus dangereuse qu'un simple humain ! Mais ça n'avait pas plus inquiété que ça, tout au plus certains en avaient profité pour relancer le sujet de la réglementation, voire même de carrément arrêter ce trafic. Puis c'était oublié, comme c'était le cas pour le sempiternel débat des armes à feu accessibles à tous. Et ironiquement, ça n'avait pas pu nous sauver, dès l'instant où les hybrides avaient aussi pu mettre la main dessus. Ca avait été une catastrophe sans précédent en France, et l'épidémie de la révolution avait rapidement déferlé sur le reste du monde. Le FBI avait tenté de prendre des mesures, toutes les équipes avaient rapidement été sur le coup et chaque force de l'Ordre avait réagi pour endiguer le fléau. On avait même parlé de se débarrasser des hybrides avant qu'ils n'imitent leurs amis européens. La décision n'avait pas été prise assez rapidement, et on avait échoué. Le président avait été tué malgré sa protection, et les autres puissants avaient été traqués pour éviter qu'un chef ne puisse rallier la population humaine. Ca avait été efficace, l'humanité se retrouvant pathétique devant les nouvelles. Pour un peu, c'était comme si elle avait naturellement baissé les bras à ce moment-là.

Que Dieu bénisse les États-Unis d’Amérique, et la foutue fierté de ses habitants, à peine capable de se défendre !


-Mais si on observe suffisamment leurs allées et venues... On pourra savoir quand attaquer !
-On ne sait même pas si on trouvera des armes ou des munitions, tu veux vraiment qu'on risque notre peau pour que dalle ?


Je jetai un coup d’œil à Branson, qui se tenait à côté de Lucas et Ronaldo et qui n'avait pas l'air de faire attention à la dispute, son regard trop bas sur le sol et plus que l'ombre de lui-même. Depuis que Bradley était mort, il était dans cet état, complètement désespéré. Je pouvais comprendre sa peine ; ils étaient toujours fourrés ensemble et c'était un coup dur de perdre un membre de l'équipe. Mon équipe. Mais ça me mettait en colère de le voir dans cet état, aussi. Ce qui m'énervait encore plus, parce qu'il serait juste inutile de lui en tenir rigueur. C'était une réaction instinctive de ma part, complètement humain de chercher un défouloir, un bouc émissaire pour échapper à mon propre malheur. On avait aucun moyen pour reprendre la communication et savoir s'il y avait d'autres groupes que le notre. D'humains fuyards, oui, j'en étais sûr et certains. Mais du FBI ? CIA ? N'importe quelle organisation compétente ? Comment les retrouver ? Et il y avait aussi le « reste ». Ma famille. Comment allait mes sœurs et mes parents ? Et si Ethan les avaient trahis ? Je le tuerai si c'était le cas... Et il y avait Josh. Mon frère qui avait été enfermé dans un asile de fou, sans défense, abruti par des médicaments, enfermé dans cette prison. Il avait été abandonné, et comme pour les autres membres de ma famille, je ne savais pas s'il était vivant et ça me bouffait de l'intérieur. J'avais pas pu le sauver, j'avais pu sauver personne. Juste fuir avant qu'on se fasse capturer, et Bradley était mort en route. Maintenant, on était perdu au milieu de nulle part dans les montagnes, avec si peu de munitions et un maigre matériel de survie. Quatre humains, et deux hybrides. Je relevai la tête vers eux ; ils étaient tous les deux postés plus loin, surveillant les environs, les oreilles dressées. Ils me rappelaient Ethan ; ce calme, cette loyauté à toute épreuve... Mais ceux qui avaient cru que leurs hybrides leur étaient fidèles l'avaient sûrement payé de leur vie, au meilleur des cas. Je ne pouvais pas m'empêcher de me demander quand viendrait notre tour d'être trahis. Cette pensée m'obsédait et je serrai des poings. Je ne pouvais pas laisser ça arriver.


-Collins, putain. Aide-moi à le résonner !


Je cillai, mon attention revenant sur un Ronaldo complètement exaspéré. Ah, oui. Le débat. Maintenant que j'étais amené dans le sujet, Lucas ne semblait plus tout à fait sûr de lui, mais il me regardait comme s'il espérait que j'allais lui donner raison. Je soupirais ; j'avais envie d'un bain.


-C'est vraiment risqué de retourner en ville pour chercher dans les maisons et espérer tomber sur des armes. D'autant plus que les hybrides doivent chercher activement tout humain qu'ils pourraient attraper.


Lucas sembla plus bas que terre alors que je ne faisais qu'énoncer un simple fait. Ronaldo était frustré aussi que je doive donner mon avis qui était le même que le sien pour qu'enfin on soit d'accord, mais il ne semblait pas plus ravi que ça d'avoir raison. Parce qu'on était toujours autant dans la merde.


-Mais alors... Qu'est-ce qu'on fait ?


Là était toute la question... Je me redressai.


-Ne pas abandonner. Fouiller des habitations est dangereux, mais pas complètement stupide... Et il doit y avoir des chalets ou des gîtes. Nous avons encore quelques balles pour nous défendre au cas où, mais il faut qu'on trouve des vêtements adaptés, des médicaments et de quoi survivre. On progressera en évitant au mieux les villes.
-... Pourquoi faire ?


Ca, c'était Branson qui semblait avoir retrouvé l'usage de la parole. Tout le monde me regardait. Même un des hybrides avaient une oreille tournée vers moi, comme si j'étais un putain de prophète. J'étais fatigué moi aussi, et je n'avais pas de solution miracle.


-Survivre aussi longtemps qu'on peut et les faire suer autant que possible pour nous attraper.


Parce qu'on ne pouvait pas être le dernier groupe d'humains qui avait réussi à s'enfuir. Parce que je voulais savoir ce qui était arrivé à ma famille. Parce qu'on était des humains, les plus grands salopards de cette planète et je n'allais pas leur faciliter la tâche pour m'avoir. Quand je regardai à nouveau les deux hybrides, ils ne semblaient plus nous prêter la moindre attention. Je me demandais à quel point c'était vrai.


Plus tard, je décidai de ne plus prendre de risque avec eux.


Lucas était mort. Après des mois de cavales, à longer les états à la recherche d'autres groupes d'humains, il avait bien fallu que ça nous tombe dessus. On était allé si loin... J'avais navigué le groupe, cherchant à être logique sur les endroits où on pourrait trouver des endroits plus ou moins saufs pour se poser au moins quelques temps tout en étant influencé par mes propres désirs. Je voulais retrouver ma famille, voir s'ils allaient bien... Je voulais rejoindre l'hôpital psychiatrique pour voir ce qu'il en était advenu. Mais je n'étais pas le seul qui avait des objectifs personnels, et ce n'était pas facile tous les jours dans le groupe. On faisait des efforts cependant, et les hybrides se calmaient de plus en plus sur leurs recherches d'humains encore libres, de plus en plus confortablement installés dans leur liberté au prix de la notre. Je les détestais. Et aujourd'hui, Lucas était mort. Une blessure à la con, causé par un chasseur. On avait pu l'avoir par notre nombre, mais le couteau avait touché un organe. Il était trop tard pour pouvoir le sauver en l'emmenant à l'hôpital, même avec l'un des hybrides se faisant passer pour son maître... Et je n'arrêtais pas d'y penser, encore et encore. Nous avions deux hybrides chiens, leur odorat était exceptionnel. Leur ouïe était plus fine aussi. Alors... Comment n'avaient-ils pas senti l'autre arriver ? Il y avait des raisons possibles, comme le sens du vent, la fatigue, ce genre de connerie... Et j'ignorais si c'était la raison ou un coup de folie qui prit le pas, mais le soir même, je les tuais.


Branson m'avait pris sur le fait, ou plutôt à la fin. Il ne dit rien, mais son regard était parlant. Je n'avais pas cherché à me défendre, à expliquer pourquoi j'avais fait ça. Dans ma tête, ça me semblait tellement clair ! Ca devait forcément l'être pour les autres ; ils ne pouvaient pas être si bêtes...


A mon réveil, le lendemain matin, je me retrouvais tout seul. Branson et Ronaldo étaient partis.



○○○○○○○○○○



Ca faisait des jours que je n'avais pas mangé et enfin, après une autre phase atroce où mon estomac semblait se tordre dans tout les sens dans une recherche désespérée de nutriments, il se calmait. Je savais que ça reprendrait cependant... Évidemment, on ne pouvait pas vraiment dire qu'on mangeait à sa fin, quand on était en cavale. Mais je me rationnais assez correctement pour ne pas me retrouver dans un tel état. Je faisais de mon mieux pour économiser mes forces et ma nourriture... Sauf qu'affamer quelqu'un était un bon moyen de torture aussi, et ça, les hybrides le savaient bien. Et oui, j'avais fini par me faire attraper. J'avais joué d'imprudence, il fallait l'admettre ! Si je n'avais pas tant désiré me rapprocher de l'hôpital psychiatrique qui avait gardé mon frère prisonnier dans l'infime espoir bête de l'y retrouver... Ce qui était définitivement bête parce que, même s'il s’était toujours trouvé là-bas... Qu'est-ce que j'aurais pu faire ? Au final, j'avais trouvé l'endroit complètement abandonné et je m'étais lancé dans une session d'urbex avec une pierre dans le ventre à l'idée d'y trouver le corps de mon frère, laissé à l'abandon dans sa cellule. Mais tout avait été vidé, il n'y avait même pas de cadavres, ce qui n'était pas rassurant. J'avais quitté l'endroit avec un mélange de soulagement et de crainte ; qu'était-il advenu de Josh ? Quand des hybrides m'étaient tombés dessus, cette question n'avait plus été tout à fait primordiale. J'avais tenté de fuir, je m'étais débattu comme un beau diable, mais j'avais finalement échoué face aux hybrides, comme tant d'autres avant moi.


-On a un beau spécimen. Trouvé dans un bâtiment abandonné, un vieil HP. Il devait chercher un squat.
-Il a rien dit ?
-Il est pas du genre causant.
-Comme la plupart d'entre eux. Mh. Il a une bonne gueule. Faudra éviter d’abîmer son visage... Par contre, je déteste son regard.


J'avais l'air trop revêche, trop... sauvage aux yeux de mon dresseur. Un hybride martre. Martre ! On avait vu animal plus impression et cruel et pourtant, il n’était pas tendre. Il voulait faire son boulot et il ne se tordait pas face à l'obstination. Et j'étais un connard têtu, alors forcément, on ne s'entendait absolument pas. Jackson faisait de son mieux pour ne pas m'écorcher trop vif et ça le frustrait. Et je prenais un malin plaisir à cette idée... Pourtant, qu'il fasse attention à ma tête ne rendait pas les sévices plus doux. Il essayait de me briser et il semblait bien informé sur ça. Privation de nourriture et de sommeil, immobilisation totale, enfermement dans un espace étroit avec l'incapacité de se coucher ou s'asseoir, selon l'endroit, son répétitif, musique qui tournait en boucle avec le son trop élevé, plus les tortures physiques comme la noyade, les étranglements... Tout ça, c'était terrible et s'il ne voulait pas abîmer ma tronche, me frapper sur le reste du corps était moins un problème pour lui. Et si je ne craquais pas et ne devenais pas la parfaite poupée qu'il voulait que je sois, j'allais en crever...


La porte de ma « chambre » grinça, et je relevai les yeux, puis la tête vers mon bourreau. Jackson était bien portant par apport à moi. Il avait même de l'embonpoint, signe qu'il ne manquait décidément de rien. Dans sa main, une assiette, et dans l'autre, une boite. Il faisait un peu trop sombre pour que je distingue ce qu'il y avait dessus. Mais mon ventre se rappela à mon bon souvenir rien qu'à l'idée qu'il puisse y avoir de la nourriture dedans. Allons bon... Qu'est-ce que ce tordu avait prévu de faire... Me faire croire que j'allais enfin manger avant de me retirer la pitance, juste histoire de me frustrer ? Ca ne serait pas pire que ce qu'il m'avait déjà fait. Mais ça serait difficile à supporter, vu comme j'avais la dalle. Je m'en remettrais. Je me préparai à cette éventualité alors que je le voyais s'accroupir pour poser l'assiette au sol. Ca pourrait être une bonne occasion pour l'attaquer et tenter de m'échapper, mais je savais que c'était vain ; j'avais déjà essayé et Jackson n'était pas tout seul, contrairement à moi. Il y avait toujours quelqu'un de cacher hors de la « chambre », prêt à lui porter secours s'il n'arrivait pas à garder le contrôle de la situation. Il faisait aussi attention à ne pas laisser d'objet que je pourrais retourner contre lui. Par exemple, l'assiette était en carton, pour ne pas que je puisse briser du verre et l'attaquer avec, et je n'avais pas de couvert. Il prenait son temps en tout cas pour vider la boite, avant d'enfin pousser l'assiette vers moi. L'odeur me monta rapidement au nez.


-Tu dois avoir faim. Je t'en prie, fais-toi plaisir.


Je lui jetais un regard noir, ma mâchoire se crispant tout comme le reste de mes muscles. J'étais à deux doigts de lui lancer le contenu de mon assiette à la gueule ; ce connard venait de me servir de la pâtée pour chien. Jackson sembla deviner le fond de ma pensée et se mit à gronder.


-T'es pas le premier humain à se croire plus fort que moi. Me pousse pas à te punir.


Je... frémis. Je savais ce qu'il était capable de faire, et pourtant ce n'était pas les souvenirs des sévices qui me revinrent à mémoire. C'était... plus loin. Pratiquement le jour de mon arrivé ici, quand j'étais dans un sale état à cause de ma vie de fuyard et non pas de torturé. Jackson m'avait tourné autour, fredonnant doucement alors qu'il « observait » la marchandise. J'étais resté droit et fier, le suivant du regard autant que possible pour le garder au maximum dans mon champ de vision, la tension grimpant toujours lorsqu'il passait dans mon dos.


-Il a une bonne silhouette, mais faut que je vois ça mieux. Déshabille-toi.


Ca semblait d'une logique implacable ; il voulait voir si j'étais bien portant, si j'avais des cicatrices, ce genre de truc. Il n'avait pas d'idées particulièrement louches à ce moment, même si l'humiliation d'être nu n'allait pas le déranger. Mais dans ma tête, ça avait été différent. J'avais jamais aimé être plus dévêtu que nécessaire. Même en été je gardais des manches longues, préférant souffrir de la chaleur que de montrer mes bras ou mes jambes. J'étais... Vraiment pudique. Aller à la plage en maillot était parfois difficile et je ne voulais pas me déshabiller. Pas devant eux. Je n'avais pas bougé. Les autres avaient perdu patience.


-Bon allez, j'ai pas toute la journée. Si tu veux pas bouger ton cul, on va le faire à ta place.


«  Tu as une très jolie voix  »
«  Je t'aime, alors tu dois faire ça pour moi.  »


Je croyais avoir échappé à Jasper depuis longtemps. Je pensais avoir dépassé tout ça... Que ce soit le cas ou non, la situation avait... vite dérapée. J'avais frappé Jackson dans le nez et j'avais sauté sur l'autre pour l'étrangler. Le souvenir était flou. Je sais qu'après ça, il avait fallu un moment avant que mes hématomes ne disparaissent. Et plus de temps pour que Jackson cesse de porter un bandage sur son nez.


-Alors, tu vas manger  ?


Je cillai, fixant Jackson un long moment avant de... baisser les yeux. Je me demandais s'il avait l'air surpris ; j'avais jamais baissé les yeux. Après un moment d'hésitation, je pris l'assiette, piochant dedans pour porter le contenu à ma bouche. C'était dégueulasse. Mon cerveau me disait que c'était dégueulasse, mais mon corps s'en fichait. J'avais besoin de manger un truc, même si c'était humiliant. Le truc, c'est que je ne mangeais jamais devant Jackson ou l'un de ses sbires. Jackson siffla.


-Tu vois ? Si tu fais ce que je te dis, les choses se passent bien... On va peut-être pouvoir faire un truc de toi, si t'abandonnes.


Il me regarda finir mon maigre repas. Il se racla la gorge et je poussai l'assiette vers lui, sans le regarder. Je devais garder la tête basse, parce que s'il voyait mon regard, il saurait. Je relevai la tête que lorsqu'il quitta la chambre, mon regard de glace sur la porte et les ongles enfoncés dans la paume de mes mains. Je mordis ma langue pour contenir ma rage. J'ignorais comment j'allais faire pour jouer le jeu, leur faire croire que je devenais docile. Mais Josh avait porté un masque toute sa vie pour tromper les gens, pour qu'on ne sache pas à quel point il allait mal. Maintenant, c'était à mon tour de jouer un rôle. Pour survivre.


Et pour être honnête, ça n'avait pas été facile. Je me refusais de sous-estimer Jackson et le souci du détail me poussait à ne pas être une jolie petite chose obéissante trop vite, de crainte qu'il ne doute de moi et me fasse subir plus pour pouvoir mieux me tester. J'étais un ex agent du FBI, je savais jusqu'où on pouvait aller pour faire craquer un homme et je savais à quel point le mental pouvait tout changer. Avec de la volonté, je pouvais tenir... Mais pas indéfiniment. Les lois de l'époque empêchaient d'aller trop loin trop longtemps. Jackson n'avait pas ces limites, d'où ma prudence. J'étais minutieux, juste assez rebelle, diminuant la dose au fur et à mesure des sévices... Non, ça n'avait pas été facile, mais j'avais de bonnes raisons de feindre l'abandon. Ca fini par porter ses fruits, Jackson se félicitant pour son bon travail et me revendant à une animalerie... Qui n'était pas dans le même état que là où j'étais, c'est-à-dire qui m'éloignait encore une fois de chez moi. Si c'était frustrant, je ne pouvais rien faire ou dire et je finis par être adopté. Gloria était... Gentille. Je suppose. Difficile d'admettre ça vu la rancœur que j'avais envers les hybrides, mais c'était le cas. C'était une vieille hybride qui avait miraculeusement survécu aux épreuves de la vie et elle ne me demandait rien d'autre que de lui tenir compagnie. Elle n'était pas bavarde, pas particulièrement tendre avec moi, mais elle ne levait pas la main sur moi. Du moment que je lui faisais les courses et m'occupais de la maison, elle était satisfaite. Pas d'amis proches qui passaient la voir, pas de connaissances qui prenaient sommairement de ses nouvelles, une vieille chienne recluse dont le seul lien avec l'extérieur était moi.


Et c'est pour ça que je la tuais.


Ca n'avait rien de personnel, vraiment ; je n'extériorisais pas par là ma haine envers les hybrides ou quoique ce soit d'autre. C'était simplement mieux pour ma fuite... Si j'avais décidé de m'enfuir en la laissant seule, elle aurait très bien pu signaler ma disparition. J'étais un investissement auquel elle tenait, peut-être même Gloria avait elle un brin d'affection pour moi, à sa manière, et pour moins que ça, elle voudrait me récupérer. Morte, on mettrait un moment avant de se rendre compte que j'avais disparu et je serai déjà loin d'ici. C'était par commodité, pour me donner plus de chance... Je fis ça dans la nuit, après l'avoir aidé à se mettre au lit, le sommeil l'a rattrapant très rapidement, à l'aide d'un petit supplément des somnifères qu'elle prenait ; sa vie passée rendait ses nuits pénibles. L'oreiller avait fait l'affaire. Pressé sur son visage, il n'y avait presque pas eu de résistance, sauf celle instinctive du corps qui luttait pour l'air, mais je ne crois pas qu'elle avait été consciente de ce qui s'était passé. J'espérais que ça soit le cas et... Et ça avait été mon premier meurtre de sang-froid. Pas la première fois que je tuais, mais c'était pour survivre, pour ne pas me faire attraper par les hybrides. De la « légitime défense ». Ça n'en était pas quand on étouffait une vieille dame dans son sommeil. Mais elle avait été un obstacle à mes objectifs. Rien de plus.


Rien de plus...



○○○○○○○○○○



Je regardai le portail de la demeure familiale, fatigué de ces derniers jours en cavale. Semaines, plutôt. Sans moyen de transport efficace, c'était long de traverser les états. Mon corps me faisait un mal de chien et j'avais l'allure d'un clochard puant. C'était un miracle qu'on ne m'ait pas retracé rien qu'à l'odeur que je devais traîner ! Autant le dire, je n'avais pas prit beaucoup de temps pour prendre soin de moi, trop désireux d'arriver ici. Trop... désespéré. C'était le dernier endroit où je pouvais penser trouver un indice sur ma famille. Peut-être qu'ils vivaient encore ici ? Si Ethan était toujours vivant, il aurait protégé ma famille. Si Ethan ne nous avait pas trahis... Le souvenir de l'asile psychiatrique apparut une nouvelle fois devant mes yeux, faisant naître l'angoisse qui pesa immédiatement lourd dans mon estomac. Qu'est-ce qui pouvait bien être encore plus détruit dans ma vie ? Qu'est-ce que j'osais espérer retrouver ici ? Ce monde n'était pas juste, pourquoi pensais-je retrouver les miens, ici ? Voir la bâtisse toujours debout n'était même pas rassurant ; un autre hybride grassouillet pouvait bien y vivre, profitant de tout ce que nos parents avaient construit ! Je le tuerais pour ça, et ensuite...

Ensuite, quoi ? Continuez à chercher ? Le seul autre endroit me venant à l'esprit était notre île... Mais comment y aller ? Y seraient-ils vraiment ? Étaient-ils toujours en vie ? J'étais peut-être le dernier Hamilton, peut-être que je courais derrière des chimères et que j'allais me faire à nouveau rattraper, peut-être revendu, peut-être tué... Ca ne valait pas le coup de rester seul, comme un con devant la porte, à juste attendre qu'on me cueille à cause de mon comportement définitivement suspect.

Mais des chimères, c'était tout ce qui me restait.

Je ne m'attendais pas à être en face d'elles quand je me retournai. Comme dans un timing dramatique parfait qu'on ne retrouvait que dans les films et que Josh passait son temps à relever parce qu'il était chiant. Il n'était pas là, mais je reconnaissais Amber entre mille, au côté de Ethan. Je n'étais pas du genre à me faire des films sur des situations à venir, surtout si ça faisait mal. Je n'avais donc jamais imaginé comment pourrait être mes potentielles retrouvailles avec la famille. Tant mieux, parce que je n'aurais pas prévu de rester immobile, comme un débile, à pas savoir quoi faire ou quoi penser ou même comment réfléchir alors que j'avais l'impression de revoir un fantôme. Un peu comme Amber. J'étais trop focalisé sur elle pour voir la gueule que tirait Ethan, non pas que ça m'intéressait de toute façon. Ma sœur ouvrit la bouche, premier mouvement dans cet instant de quelques secondes qui me semblaient pourtant durer des heures. Je pouvais la voir former mon prénom avec ses lèvres, sans qu'aucuns sons n'arrivent à sortir. Puis, la collision entre nous, son corps contre le mien avec violence et désespoir. Je fermai les yeux. Je suis sûr que sans le shoot d'adrénaline dans mon corps, je me serais sûrement cassé la gueule au sol, à cause de cette foutue pression qui redescendait et l'espoir inconscient qui me ravageait à l'idée d'avoir enfin retrouvé quelqu'un. La preuve que je n'avais pas fait tout ça pour rien. Je... Il y avait avoir une discussion, des questions, peut-être des réponses, mais pour l'heure, je voulais juste la garder contre moi.

Et prendre un bain.

Je regardai le fond de ma tasse avec une étrange et bien vide fascination. Malgré toutes les questions qui nous taraudaient, Amber avait obtenu de moi que je me lave et mange avant que l'on commence à parler. Elle disait que j'en avais besoin et elle n'avait pas tort, mais je n'avais pas autant profité de ce doux confort que je l'aurais souhaité ; j'avais largement eu le temps de remarquer certaines choses comme l'absence flagrante d'une bonne partie de la famille. Eden et les parents manquaient à l'appel, et ne pas trouver Josh me rongeait de plus en plus, me rappelant encore et toujours des ruines que j'avais trouvées en atteignant l'asile. Le bain et le rasage ne m'avaient offert qu'un soulagement physique, et encore ! J'avais beau mourir de faim, je devais pour autant lutter pour avaler ce qu'Ethan avait préparé pour moi - il continuait à agir comme les hybrides avant, ça avait quelque chose de rassurant - à cause du nœud que formait mon estomac. Et un thé plus tard, Amber m'apprit qu'Eden était à l'hôpital, et qu'ils y revenaient tout juste quand il m'avait trouvé devant la maison. Son état était... Alarmant, parce qu'on n’arrivait pas à déterminer ce qu'elle avait exactement et difficile de trouver une personne spécialisée dans le monde d'aujourd'hui et les hybrides n'étaient pas aussi compétents que nos médecins. La technologie ne pouvait pas tout régler à leur place et le manque d'effectif pour soigner et leur apprendre se faisait cruellement ressentir. D'autant plus qu'Eden était... Et bien. Une humaine n'était pas la priorité à soigner, on va dire. Cela faisait bien cinq minutes qu'Amber m'avait raconté tout ça et elle respectait mon mutisme, mon besoin de digérer un peu ce qu'elle venait de me dire, avant de continuer. Ou de me laisser prendre les devants, ce que je finis par faire.


-Où sont... Est-ce que tu sais pour Josh ? Papa et maman ?


Le trémolo dans ma voix était imperceptible, aidé par mon sang froid naturel et un entraînement digne de l'armée. Mais je ne pouvais pas tromper ma sœur. Je n'osais relever les yeux, même lorsqu'elle fini par me répondre. Une réponse qui ne me satisfaisait pas.


-Ils étaient avec Jerry, un hybride. Quelqu'un de bien ! Il connaissait Josh, enfin... Ce qu'on en dit dans les journaux. Il était conscient de ses besoins, aussi. Il pouvait payer ses médicaments, prendre soin de lui... Il a bien voulu prendre nos parents, pour qu'ils restent ensembles.
- « Etaient » ?


Je pouvais imaginer sans trop de mal Amber se mordre la lèvre alors que je soulevais ce petit détail.


-Jerry... Les a amenés en France. On restait en contact, mais nous n'avons plus de nouvelles depuis quelques mois, et on n'arrive pas non plus à les joindre ; c'est... Compliqué, maintenant.


Je ne répondis rien, mon esprit analysant ce qu'elle venait de me dire. Nos parents et Joshua n'avaient pas été tués durant la guerre. On avait récupéré mon frère, on l'avait sorti de sa prison de fou, mais ma famille s'était retrouvée fracturer en deux, divisée entre Ethan et un hybride apparemment gentil. Sauf que ça, je m'en foutais, parce qu'au final, ça ne changeait rien au fait qu'ils n'avaient plus de nouvelles et qu'ils pouvaient tout aussi bien être mort. Eden, était à l'hôpital, et eux... Mon verre vola au-dessus de la table, frappant Ethan qui se tenait droit comme un piquet au milieu de la pièce, la tête basse. Il fut touché au front et le choc le fit reculer alors que le verre se brisait au sol. Il ne me fallu que quelques secondes pour être sur lui, ignorant parfaitement ma sœur qui, passait le choc, me sommait d'arrêter. Sauf que je n'avais pas envie d'arrêter. Si une part de moi était consciente que c'était injuste de m'en prendre au loup, elle était bien trop petite face à ma colère froide. Ethan avait laissé ça arriver.


-Cole, lâche-le ! Arrête ça !


Ethan cherchait à se protéger, sans toutefois riposter et je m'acharnai encore plus, furieux de le voir jouer les martyrs et refuser de se battre. Comme si j'étais en train de frapper un chiot innocent ! Amber réussi à se glisser entre nous, me repoussant de toutes ses forces, ses mains agrippées à mon haut pour m'empêcher de la contourner. Elle me secoua aussi fort qu'elle le pouvait pour décrocher mon attention de ma cible. Je baissai enfin les yeux vers elle, vers son regard désapprobateur et je me dégageai d'un mouvement rageur, me mettant à signer. Je ne l'avais plus fait depuis longtemps... Mais il semblait que ça faisait partie intégrante de moi, les habitudes revenant avec une aisance qu'Amber rejeta.


-Non, Cole. Tu parles.
-C'est de sa faute !


Amber ouvrit de grands yeux. Ethan avait la main devant la bouche, pressée contre sa lèvre écartée alors qu'il me fixait ; il n'avait même pas l'air fâché, le contraire même. Triste. Et moi je détestais la façon dont ma voix était brisée.


-Il aurait dû les protéger, les garder ! Il a laissé partir notre frère, nos parents et maintenant Eden et malade et il n'a rien fait  !
-Cole, c'est plus compliqué que ça, avec la guerre-
-Il aurait dû faire de son mieux ! Plus que ça, même ; c'était notre famille, et maintenant elle est en morceau !
-Ce n'est pas de ta faute.


Ces quelques petits mots coupèrent court à ma colère qui retomba avec violence. Il me fallu quelques longues secondes confuses pour retrouver ma voix.


-Quoi ?
-Ce n'est pas de ta faute. Tout ça, ce qui s'est passé... Tu n'étais pas là, mais ce n'est pas de ta faute.


J'ouvris la bouche, mais aucun son ne sortir cette fois-ci, la gorge beaucoup trop nouée. Je serrai les dents à la place, détournant la tête et tremblant, luttant contre l'émotion qui voulait s'emparer de moi. Amber toucha mon bras et je tremblai, alors que son autre main se posait sur ma joue. Je fermai les yeux derechef, ma mâchoire se mettant à trembler alors que je cherchais à me cacher comme je le pouvais. Je l'entendis m'appeler et je baissai la tête, acceptant qu'elle m'enlace. Ma petite sœur qui cherchait à me consoler du mieux qu'elle pouvait... J'aurais voulu ne pas me sentir aussi coupable, ne pas me dire que les choses auraient pu être très différentes si j'étais revenu plus tôt, que, peut-être, nous aurions pu tous rester ensembles, dans notre maison.


Mais ce serait bien trop facile.


Par la suite, je pris le temps qu'il fallu pour me reposer, faisant profil bas pour ne pas entraîner d’ennuis à Ethan car, s'il en avait, mes sœurs aussi. D'ailleurs, je pus voir Amber à l'hôpital, et ce plusieurs fois, malgré la douleur de la voir si affaiblie. Elle était vivante, même s'il était difficile de savoir si cela pourrait durer ou non et bien évidemment, j'imaginais toutes les possibles maladies qu'elle pouvait avoir. Je ne cherchai à aucun moment à fuir les visites. J'avais aussi demandé s'ils avaient des nouvelles de notre cercle d'ami, ce qui n'était pas vraiment le cas, sauf une lettre d'Abby qu'ils avaient brûlé après lecture, disant qu'elle avait rejoint un groupe d'humain et qu'ils s'en sortaient bien. Parfois, ils en recevaient d'autres. Le fait est... que je ne pouvais rester éternellement ici. Non pas que cela m'était impossible ; Ethan pouvait s'occuper de mon adoption, malgré le risque que mon meurtre - je n'en avais pas parlé à mes sœurs, elle n'avait pas besoin de savoir - représentait, il avait été fait dans un autre état. Il y avait de fortes chances que les hybrides ne tiennent pas suffisamment bien leurs fichiers « criminels » pour l'instant pour faire une chasse efficace, surtout si j'appartenais à quelqu'un d'autre. D'autant plus que je n'avais pas laissé grand-chose contre moi chez Gloria, elle aurait pu mourir dans son sommeil...


Mais je ne pouvais pas rester. Pas quand j'ignorais ce qui était advenu de mes parents et de Josh. J'avais réussi à tenir jusqu'ici, avec l'ardent désir de retrouver ma famille, et j'avais réussi en partie. Beaucoup dirait que j'étais chanceux d'avoir encore une famille et d'avoir la chance de rester avec eux. Beaucoup pourrait me haïr d'ainsi la rejeter. Mes sœurs trouvaient l'idée trop folle, et ne voulaient pas me voir partir. Je n'en avais pas envie non plus, mais impossible de me débarrasser de cet objectif, de cette obsession ; savoir ce qui s'était passé, et ultimement retrouver mon jumeau. Ethan ne chercha pas non plus à me retenir. Il ne dit absolument rien, acceptant mon choix, sûrement parce qu'il voulait aussi savoir, animal toujours fidèle à mon frère. Il m'aida à me faire prendre un avion pour la France, mais par la suite, je fus livré à moi-même. Encore une fois. Avec bien trop peu d'indice, à part l'adresse de Jerry. C'est là que commença ma longue recherche, profondément ralentie par le peu de moyens qui m'étaient offerts, et la nécessité de ne pas me faire attraper. Avec une pincée de talent, de risque et une bonne dose de chance, je sus que Jerry avait été exécuté pour cause de trahison. De ses trois esclaves connus, un seul avait été retrouvé, ce qui me faisait espérer que mes parents avaient pu s'enfuir avant. Joshua... avait dû être revendu, puisque je ne trouvais aucune preuve comme quoi on s'en serrait débarrassé. Ces informations, je mis un temps indécent à me les procurer. Oui, nous pouvions déjà parler d'années. De longues années à chercher et à pousser ma chance et à risquer toujours un peu plus ma liberté et ma vie. Beaucoup de choses me sont arrivées. Pas autant qu'on pourrait le penser après autant de temps. Le temps m'était devenu une conception étonnement floue pour moi, mon cerveau ayant décidé que ce n'était pas une donnée intéressante, peut-être pour éviter d'être découragé durant ma longue, longue traversée du désert.


Mes sœurs avaient peut-être raison ; j'étais peut-être fou. Encore plus fou que mon frère, que j'étais persuadé d'être encore vivant. Et j'étais prêt à passer ma vie entière à le chercher, juste pour le prouver.


(L'histoire est FINI, diantre ! Mais la capture de Collins manque ? Ooooh... Pas de soucis ! Elle sera faite en RP!)

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MessageSujet: Re: Collins Hamilton Collins Hamilton EmptySam 3 Aoû 2019 - 14:37
Yo' !

Bienvenue à toi ! T'as donné de la lecture à PNJ xD !! Elle va se régaler je pense !

J'espère que tu te plairas parmi nous !

En attente de ta validation je te souhaite un bon courage !

A bientôt sur le forum ou Cb !
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MessageSujet: Re: Collins Hamilton Collins Hamilton EmptySam 3 Aoû 2019 - 16:29
Re bienvenue sur le forum cheers

C'est vrai que la lecture est longue loool
il me reste encore une partie à lire, mais sur celle des seins de Josh, ça me fait toujours autant sourire.

" Josh, faut pas te mettre dans ces états, moi je veux bien te les matter tes seins et sans pousser de cris, je peux même les masser un peu, je masse très bien" catjoie

Nooon ça cache rien du tout de pervers, c'est rendre service version panda. La tactique de la peluche xD
c\'est pas moi

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MessageSujet: Re: Collins Hamilton Collins Hamilton EmptySam 3 Aoû 2019 - 18:24
*Pousse Terrence*

Ce n'est pas un passage drôle ou amusant, c'est triste ça ! èé

.... Et j'ignorais que tu étais homme à seins, terry '.'

Courage pour la lecture Pnj, et recoucou Cole ! Tu l'as enfin fait, officiellement !
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MessageSujet: Re: Collins Hamilton Collins Hamilton EmptySam 3 Aoû 2019 - 20:43
Tu tiens à la vie Terrence ? psyco

Blague à part -ou pas-... MERCI A VOUS KHRJKRHERL écrire toute l'histoire m'a pris un temps... Complètement indécis et j'ai eu des hauts et des bas niveau motivation qui se sont fait sentir sur mon Arthur (et je peux que m'en prendre à moi-même pour avoir mit la barre trop haute !) donc vos bienvenus me rend tout émotionnel bruh **se mouche**

Et euh. Redésolé PNJ. Je t'aime : D
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MessageSujet: Re: Collins Hamilton Collins Hamilton EmptySam 3 Aoû 2019 - 21:10
Rebienvenue !!!

Très longue fiche - c'est peu le cas de le dire xD - et je te maudis pour ça, mais elle était agréable à lire ! Même terriblement prenante !

Je n'ai rien à dire d'embêtant... Juste peut-être que je vais te donner la couleur humain libre jusqu'à ta capture ! ça rendra la chose plus réaliste 8D *cruelle destiné*


VALIDATION

Validé par PNJ

Congrat' pour ta validation !
Maintenant passe ta souris ici
et admire le reste :3



Et maintenant voici la petite liste des choses à faire et à voir avant de te lancer :

Le Règlement - A lire et signer, si ce n'est pas déjà fait :3

Les Recensements - Hop, tout les recensements sont dans cet unique sujet ! Merci de le remplir obligatoirement !

Le Journal - Va zieuter ce qu'il s'y passe, cela peut avoir un impact en rp et donc pour ton personnage, le journal n'est pas à négliger !

Les Adoptions - Tu cherches un maitre ou un pet ? C'est par ici !

Les Rp's - Si tu n'as personne avec qui commencer un rp, poste une demande ! N'oublie pas que si quelqu'un t'intéresse, tu peux aussi le MP directement pour faire ta demande :3

Les Relations - Si tu veux lister ce qui attendra ton personnage avec les autres, créer ton petit sujet !

Le Flood -

Bon jeu parmi nous !

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