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Arthur Leblanc
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 :: La ville du renouveau : Avant Propos :: Présentation :: Hybride Kindly
MessageSujet: Arthur Leblanc Arthur Leblanc EmptySam 2 Fév 2019 - 0:01
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Leblanc Arthur
Non défini
36 ans
Français


"Crocodile's Tears" ou autrement dit, une comptine joyeuse  pour enfants.



  
Je suis un hybride crocodile marin albinos. Un spécimen dans la moyenne que ce soit dans le poids ou la taille, ce qui ne change en rien que je reste un animal impressionnant à voir. Un crocodile, quoi. Cela dit, l'albinisme n'a rien d'avantageux ; je dois faire attention au soleil et mes yeux sont sensibles à la lumière... Evidemment, je ne précise pas que le froid n'est pas vraiment un ami pour moi. Quant à mes inclinaisons morales... Je ne dirais pas que je me moque de la condition humaine, mais presque. Je ne leur veux pas de mal cela dit, et je suis très conscient que j'aide la cause de la résistance en les laissant accéder à mes services, ce qui flirte avec l'illégalité, quitte à leur faire des "prix". Donc Kindly ou Résistant, telle est la question.


Meet me
CARACTÈRE

 
Mon caractère, hein ? En voilà une question étrange. Et pas vraiment facile, parce qu'il faut le vouloir pour être honnête sur soi-même. Bon, pas comme si j'avais envie de cacher quoique ce soit de mes défauts en particulier. Par contre, c'est un exercice clairement ennuyant, donc on va faire bref, d'accord ?

On va dire que je suis pas le mec qui a l'air le plus approchable au monde. J'ai l'air fatigué et j'agis comme quelqu'un qui l'est. Je crois qu'on appellerait ça... Blasé ? Ouais, c'est ça. Je suis blasé, bougon et les interactions sociales peuvent me faire chier. Mais ironiquement, je suis pas non plus la personne la plus antisociale du coin... Il y a largement mieux que moi, c'est sûr, mais en général, j'accepte la présence des autres lorsque c'est nécessaire et je ne suis pas aussi hostile qu'on pourrait le penser. Il est juste assez naturel que, lorsqu'on a pas l'habitude de se mélanger beaucoup aux autres, on est plus à l'aise en petit comité ou bien avec sa solitude. Quoique je travaille sur ça... Bon, ce que je veux dire c'est que de part la génétique je ne suis pas la bestiole la plus amicale et sociable du coin, mais que ça va. Ce n'est pas parce que j'ai l'air intimidant par mon allure ou que je donne l'impression de me faire royalement chier quand on me parle que c'est le cas. C'est juste ma gueule au quotidien. Par contre, c'est vrai que je peux manquer de tact et tolérance envers certaines personnes... Vu comment est le monde aujourd'hui, on peut tomber sur des vantards, des égocentriques et autre personnes haineuses que je vais forcément avoir du mal à respecter. Si j'ai pas mal de maîtrise de soi, je vais pas non plus me gêner pour faire comprendre quand quelque chose me dérange et/ou laisser mon cynisme et mon attitude laconique prendre un peu plus le dessus. J'ai effectivement de l'humour, mais pas le plus marrant. Et les gens aiment pas forcément la franchise. Parfois, je garde mon opinion pour moi-même.

Donc ouais, plutôt solitaire, mais j'haïs pas la terre entière pour autant. Il est juste... Assez clair que je n'ai pas de proches. Ou plus et que le deuil est un poids douloureux sur mes épaules qui fait que je ne suis pas la personne la plus sympa à avoir dans son entourage pour le moment. Ou jamais, en fait. Je suis un peu bizarre socialement parlant. Je me ruine certainement la santé entre la clope et la boisson, de jolies petits vices humains que j'embrasse... Après tout, j'ai rien contre les humains ! Et j'ai même tendance à trouver ça assez irritant quand il y a un hybride qui commence à servir le un peu trop classique "les humains c'est de la merde", et à plonger dans le cliché de supériorité. Ouais, je suis un vieux con, qui suit la règle que rien n'est gratuit dans la vie... Et c'est pour ça que je fais rarement quelque chose gratuitement. Pour moi, faire quelque chose sans rien attendre en retour, ça n'existe pas... C'est juste que la récompense peut être bien différente de ce que l'on peut attendre, et même non matériel. Je vais éviter de vous faire de la philosophie de comptoir. Je sais peut être lire et écrire, ça fait pas de moi un érudit, même si j'aime bien lire. 

Après, je sais pas... Tourner le dos à quelqu'un que je vois complètement dans la merde, ça semble quand même terriblement rude, même de ma part, donc on va dire que je suis pas sans cœur. Juste que j'ai parfois un caractère de merde. Et que j'ai des problèmes, des histoires pas joyeuses qui font ma vie et qu'il m'arrive même d'être violent à l'occasion parce qu'on est tous un peu tordu dans notre monde actuel. Mais je pense que je suis plutôt sain d'esprit par rapport à certains gars.
 
PHYSIQUE

Autant commencer par ce qu'il y a de plus visible chez moi ? Ouais, je suis albinos. Bravo, vous avez gagné une gommette. Je suppose qu'on veut des précisions, pas vrai ? Les gens veulent toujours en savoir plus... L'albinisme, ça inclue plusieurs choses. Tout d'abord, des cheveux blancs, - accompagnés dans mon cas par un chaume piquant mon visage- qui sont gardés relativement courts, du moins sur les côtés. Ils sont plus longs sur le haut, ce qui fait qu'ils retombent sur mon front quand je ne fais pas en sorte de les ramener en arrière. Ca gène d'avoir les cheveux sur la gueule, quand on travaille. La couleur de mes yeux est aussi particulière. Pâle, d'un orange rosé et vulnérable à la lumière, rendant la présence de lunettes fumées pas mal essentielle pour les jours les plus ensoleillés. Sinon... Des lunettes rondes tout court, vu que je suis myope. Ma vue n'est pas catastrophique ; d'ailleurs, je vois bien la nuit. Mais je suis plus à l'aise avec des verres correcteurs, qui m'évitent de trop forcer sur mes yeux et de les plisser comme un idiot pour voir un truc au loin.
 
Ensuite, le bronzage n'est pas pour moi. Ma peau pâle est trop sensible et je risquerais surtout des brûlures. Voilà, c'est toujours super, pour vous ? Voilà ma gueule. La gueule d'un mec fatigué par la vie. Ou qui se fait clairement chier, ça dépend du point de vue. Pour le reste... Je fais 1m83, avec une corpulence dans la moyenne ; des épaules relativement large avec un quelque chose d'élancé dans ma silhouette, ce qui fait qu'on ne me qualifie pas de trapu. J'ai aussi quelques cicatrices ça et là, dont une qui coupe mon sourcil droit ; elles ne se voient pas tant que ça sur ma peau définitivement peu bronzée. Niveau vestimentaire, je porte souvent un manteau, que ce soit pour ne pas trop m'exposer au soleil que pour me garder un minimum au chaud. Il faut dire qu'être un crocodile n'est pas toujours facile face aux caprices de la météo.
 
Oh, bonne transition pour parler de ce qui fait de moi un hybride et comment on peut le voir. J'ai parlé de mes yeux, dont la couleur est une caractéristique de mon espèce, en plus de ma tare. Il se trouve que j'ai plus de canines qu'un humain. Pas quatre, mais douze, les supplémentaires remplaçant les prémolaires. Autant dire que je fais gaffe de pas me mordre la langue ou l'intérieur de la bouche. Et ça, ce sont les petits détails. Parce que j'ai aussi des plaques osseuses dans le dos. Légères sur le haut, si peu développées que l'on peut considérer qu'elles sont inexistantes, mais bien plus présentes dans le bas du dos, jusqu’à ce qui est, de toute évidence, une queue. Moins épaisse que sous ma forme animale, comme pour répondre à ma corpulence humaine, elle reste néanmoins puissante... Et occasionnellement gênante à se trimbaler malgré sa finesse, et ce n'est pas le bout manquant, morceau amputée qui peut me soulager. Mais bon, je ne vais pas me la faire retirer vu que c'est vital pour nager. Et que j'aime nager.
 
 


Ce soir, je vais te raconter une histoire... Mon histoire.

 
Pour moi, le début de ma vie ressemble à la vie de quelqu'un d'autre. Tu sais, ce n'est pas que c'était une période courte, mais c'était la première et elle était... Différente de ce qui a suivi. Je n'ai pas beaucoup à te raconter, là-dessus. Je ne suis pas sûr que j'étais dans une famille, mais ça y ressemblait. Il y avait d'autres enfants comme moi et ont été bien nourri et logé. On était éduqué aussi, sociabilisé avec toutes sortes de personnes et il était important d'être "un bon garçon". A l'époque, tout ça me paraissait bien trop normal pour que je me pose des questions sur mon futur. Il fallait juste que je fasse bien les choses, jusqu'à ce que je sois assez grand pour être acheté par des humains. Je pense que c'était un centre très professionnel et qui prenait à cœur de livrer de bons hybrides en bonne santé. Ou autant que possible. En tout cas, mon albinisme n'a pas été une raison suffisante pour se débarrasser de moi à la naissance.

 
Parce que tu as les cheveux blancs !
Il n'y a pas que ça, mais j'étais viable, oui. On me paierait moins chère, certainement.
Je trouve que c'est insultant.

 

Les choses ont changé quand j'avais treize ans. J'avais atteint un âge raisonnable pour être acheté. Je savais lire, je savais même écrire, de quoi me donner un peu de valeur malgré les problèmes de santé auxquels je pourrais faire face. De toute façon, j'étais un crocodile et certaines conditions naturelles pouvaient m'affaiblir. J'étais exotique cela dit, et bien dressé. Mais je n'ai pas été dans une famille que je devrais servir, peut-être devenir un compagnon de jeu pour un gamin ou juste m'exhiber comme une pièce de collection. A l'époque, je n'avais aucune idée que je pourrais mal tomber. Que je faisais partie d'un système. C'était normal.  Mais je suis mal tombé, comme d'autres hybrides comme moi. Et c'était un endroit effrayant, avec des personnes qui l'étaient.
 

Les méchants de l'histoire apparaissent déjà ?
Je ne vais pas gâcher la chronologie à ce point pour toi.



 
Je l'apprendrai plus tard, mais tu vois, cet endroit était un endroit "interdit". Illégal. Il n'était pas recensé, ce qui voulait dire qu'il n'avait pas à suivre les mêmes lois d'élevage... Le profit et les bénéfices sont ce qui régit le monde, mais là-bas on se moquait bien de notre état. Seul comptait les résultats. Et on nous demandait... De nous faire du mal. Entre nous. Beaucoup de mal.

(Je ne peux pas te dire qu'on m'a forcé à m'accoupler avec d'autres femelles. Que c'était un centre d'élevage clandestin où notre principale fonction était de faire des enfants. Il y avait toutes ces petites hybrides, parfois trop jeunes et il y avait nous, qui devions jouer les bourreaux à notre insu. Oh, tu sais, je préfère ne pas te dire que j'en ai fais pleurer plusieurs, parce que je n'avais pas le choix et que les punitions étaient trop cruelles pour être supporté. Non, je préfère t'épargner ce genre de détails sordides, comme la pensée que j'ai sûrement une progéniture que je ne reconnaîtrais jamais. Non, ce genre de chose, je ne veux pas que tu le saches. Mais le reste, je peux te le dire. Je peux te dire ce que je faisais, quand il n'y avait pas d'accouplement et que l'on devait rendre rentable les mâles.)

Il y avait des combats, qui étaient organisés. Tout aussi illégales que le reste, très certainement, mais ça n'a jamais arrêté personnes. Ce qui importait, c'était le divertissement et l'argent que l'on pouvait se faire dessus et j'y ai participé.

 
Oh, oh ! C'est là où tu as eu tes cicatrices !



C'est sûr, je n'en ressortais pas tout à fait indemne... Mais c'est vrai que je me débrouillais bien. Je n'avais pas été élevé pour du combat, mais j'étais un prédateur. Cela dit, il n'y avait pas que ça, et j'ai bon souvenir d'un lapin qui était une vraie terreur ! Enfin, jusqu'à ce qu'il soit trop fatigué et qu'il se transforme. Et que je l'avale.


Degueu !
Hey, j'avais faim.



A moi aussi, ça m'arrivait de me changer durant un combat, mais un crocodile, c'est moins facile à manger qu'un lapin. Ca ne m'a pas empêché de me faire dévorer un morceau de moi, mais je finissais vivant, très certainement sauvé par, non pas une quelconque expérience que j'aurais pu avoir d'avant, mais par ce que j'étais. J'avais la peau dure et j'avais des crocs. J'étais solide, j'étais vif et j'avais envie de gagner. Le prix n’était pas si mal ; on avait plus de chance d'être encore vivant le lendemain. Et c'est ce que j'ai connu pendant un temps. Très rapidement, j'avais perdu la notion du temps. Souvent j'étais incapable de savoir quand était le jour, et quand était la nuit, tenu à l'écart de l'extérieur dans ce qui était maintenant mon foyer. On pourrait croire que vivre avec d'autres jeunes m'aurait fait nouer des liens avec eux, mais ce n'était pas le cas. On savait que demain pouvait être le dernier pour chacun d'entre nous, et comme un accord muet, on ne cherchait pas à s'attacher à quelqu'un qui pourrait un jour disparaître. Pour être honnête, ça ne m'a pas empêché d'avoir de l'affection pour... Les présences familières autour de moi, et d'être déçu... Triste, de leur départ soudain. On était seuls, mais seuls ensembles. Mais cet enfer, rappelles toi quand je t'ai dis qu'il était illégal. Il n'aurait jamais du exister. Seulement là pour se faire de l'argent sans passer par les règles imposées et répondre à une demande qui se posait moins de question sur la provenance du produit... Il a été découvert. Comment, je ne sais pas, mais toujours est-il qu'il a fermé, et nous "secouru". On était des dizaines et des dizaines parqués dans cet endroit, alors forcément, la question s'est posée ; que faire de nous ? Nous étions nombreux et pas vraiment en bonne santé pour la plupart, mais nous étions jeunes, il aurait été du gâchis de ne pas nous rendre utile. Mais avec ce que nous avions subi, nous ne pouvions tout simplement pas être remis en vente comme si de rien était. Il fallait déjà voir les dégâts que notre séjour nous avait faits, et faire en sorte de nous réparer au mieux. Il fallait nous remettre en forme et nous resociabiliser avec le monde... Ou utiliser autrement. Certains étaient sûrement trop brisés, et si on ne s'en débarrassait pas, on pouvait bien les laisser aux mains de scientifiques pour leurs expériences, ou continuer les combats pour eux, histoire d'en faire des soldats impitoyables. 

(Pour d'autres, trop fragiles pour ce genre de destin mais encore utilisables, on pouvait toujours les garder dans des programmes de reproduction bien mieux encadrés. La question ne se posa pas pour moi, cependant. Oui, un crocodile blanc était très beau, mais ça s'accompagnait de problème de santé qui, bien que gérable, restaient des problèmes. J'étais né comme ça, mais il ne fallait pas non plus que je transmette ce gène à tout bout de champ. Là où j'étais on ne s'était pas posé la question, mais les plus sérieux étaient plus exigeants aussi. J'étais donc hors-course... Et tant mieux.)

J'ai eu un destin plus enviable. Suite à leur... Thérapie, j'étais apparemment récupérable. J'avais l'impression d'avoir passé toute une vie dans cet endroit sordide... En réalité, ça n'avait fait que huit mois. Huit mois, c'est bien court dans une vie. Et j'étais récupérable. J'étais confus et perdu, mais récupérable en plus de ne pas être le plus amoché. Oh, ça ne s'est pas fait en quelques jours. J'avais un problème avec l'enfermement et des crises de colères qui ont rendu le travail un peu difficile... Mais je n'étais pas le pire ; je m'adaptais et c'était là ma force. C'est là que j'ai rencontré mon premier maître.


Il était gentil ?
Très. Trop pour son bien être. Les gens trop bons sont souvent utilisés, c'est pour quoi, bien injustement, il était seul.


Et c'est pourquoi j'étais là. Il se sentait seul, il était déjà vieux et il n'avait plus de famille, en tout cas décente. C'était une bonne âme qui avait été une bonne poire pendant très longtemps, sans jamais trouver le courage de s'affirmer et de dire ce qu'il pensait vraiment et qu'il valait mieux que ça. Et pourtant il ne méritait pas ça. Jason était un homme bon et adorable. Ses blagues étaient nulles... Tu les aurais adoré. Seul, il avait besoin de quelqu'un pour lui tenir compagnie. Se trouver une compagne lui semblait être un rêve impossible pour son âge et il portait encore le deuil de sa femme. Je ne l'ai jamais connu, mais il m'en parlait beaucoup et ça devait être l'humaine la plus extraordinaire au monde... Il adorait réparer des trucs. Il réparait des voitures, il avait son commerce, et il aimait retaper des vieux objets.


Comme toi !


C'était lui, moi, et tout ces objets. C'était... Fascinant. Et comme je ne savais pas trop quoi faire d'autre que lui tenir compagnie, il finit par m'apprendre. Jason n'avait jamais songé à me faire travailler. En tout cas, il ne souhaitait pas m'utiliser comme ça. Mais il prenait à cœur de m'enseigner ce qu'il savait. Ca lui faisait du bien, je crois... Et à moi aussi. Les enfants de Jason avaient fait leur vie loin de lui, trop loin pour se préoccuper de lui rendre visite. Ca arrivait de temps à autre, mais contrairement à eux, j'étais là. Tout le temps. Il a fini par me considérer comme un fils et ça ne me dérangeait pas ; j'étais bien traité, j'apprenais des choses, et il était gentil, alors je faisais en sorte d'être quelqu'un de bien. Autant que possible. C'est lui qui m'a donné le nom que tu connais ; j'avais déjà été nommé, avant, mais c'est le sien que j'ai décidé de garder. C'était une bonne période, tu sais. Calme, sans trop d'ennuies, douce et Jason arrivait à me calmer quand j'étais colérique... Parfois, il m'est arrivé de m'ennuyer. Quand Jason est mort de maladie, j'ai regretté. Personne n'a rien vu venir ; ça avait commencé par une bête caisse trop lourde qui était tombée sur sa hanche. Comment pouvais-je juste imaginer qu'à cause de son grand âge, cela aurait des conséquences catastrophiques sur son corps ? Les gens sont fragiles et au bout de plusieurs mois, je me retrouvais sans maître. Or, un hybride ne devait pas ne pas avoir de maître, quand bien même cela faisait plus de dix ans que j'avais été avec la même personne. Il n'y avait pas le temps pour le deuil.

Mais le fait est que j'étais très touché et que je n'étais pas des plus optimal. C'est pour cela que mon nouveau maître ne m'a pas gardé bien longtemps, ennuyé par mon "manque de personnalité. Ne rigole pas, c'était exactement ce qu'il y avait marqué sur le retour. J'ai eu une autre maîtresse assez rapidement, mais pareil, je ne répondais pas assez à ses critères et au bout de quelques mois, j'étais de nouveau en cage. Et puis à nouveau sorti. Mais cette fois-ci, j'allais être amené à rester plus longtemps avec mes nouveaux maîtres. De riches personnes, qui n'étaient pas vraiment intéressés par l'idée que je sois bon pour tenir compagnie ou que je sache sourire poliment durant des fêtes. J'étais... D'avantage un ajout à leur collection qu'autre chose. Ma tare physique restait exotique, le fait que j'étais un crocodile aussi... Les deux ensembles suffisaient à leur ego, et je pouvais toujours être utile pour garder la maison. Les différentes maisons, selon là où ils allaient. Ils étaient riches, effectivement, avec assez d'hybrides pour le prouver. Ce qui était sûr, c'est qu'on ne pouvait se plaindre de ne pas manger à notre faim. Nous étions bien traités, tant que nous ne causions pas d'ennuies et que l'on faisait bien ce qu'on nous demandait de faire. Mais la chaleur du foyer que m'avait offert Jason me manquait terriblement et je ne la retrouvais pas dans ce nouvel environnement. Je caressais parfois l'idée de m'enfuir, dans mes moments les plus sombres, mais ou j'irais ? Je n'avais pas de raison d'être ici, et aussi aucune pour partir, et mieux valait un toit et un repas. Et puis arriva un phénomène.


Ooooh. Je vais aimer !


Il y a eu un bébé. Une minuscule, chétif, fragile, faible...


Hey !


... Petite créature. Pour la première fois, il y eu l'étincelle de joie, de quelque chose de normal et de bénéfique. Tout le monde était touché par la nouvelle, et même curieux. Certains d'entre nous n'avions jamais vu de bébé. Moi même, je n'en avais croisé qu'au détour de promenade (il faut dire que les femelles enceintes étaient isolées, là où j'étais avant.) et c'était la première fois qu'il y en avait un aussi près de moi. Même si au début, nous ne voyons pas cette petite chose bien souvent. Vulnérable, le nourrisson était bien surveillé. Ce n'est qu'après un peu de temps que cela se relâcha, et que l'on pouvait commencer à voir l'enfant, une petite fille, être promenée dans les bras de sa mère ou bien de sa nourrice. Ou même des hybrides. Même nous, nous avions le droit d'approcher ce petit miracle de la nature nommé Robin. Pendant quelques temps, tout paraissait merveilleux pour elle. Mais ce n'était qu'une mascarade et nous, habitant de ces murs, nous assistâmes au changement cruel. Les parents de l'enfant changèrent du tout au tout, sans réelles explications. Peut-être des problèmes dans leurs affaires, des tensions de couples trop importantes, ou l'impression d'avoir commis une erreur en poussant la conception d'une famille jusqu'au bout... Toujours est-il que le bébé, si innocent, devint la cible de la malice de ses géniteurs. Confus, on fermait les yeux, ne sachant pas ce que nous devions faire, pouvions faire devant cette situation. C'était si terrible que, même certains hybrides et servants étaient corrompus, poussés par la malice et la frustration à s'en prendre à l'âme la plus pure. C'était si étrange que l'on aurait pu penser que quelques monstres avaient décidé de prendre le contrôle de la demeure et de s'y amuser. Les autres, ceux qui arrivaient à vaincre la peur, faisait en sorte de prendre soin du bébé et qu'il mange à sa faim. Mais ça ne suffisait pas... Je savais que ça ne pourrait suffire. Alors, durant une nuit sans lune, je m'enfuis avec l'enfant.


Et tu m'as sauvé des monstres !
... Oui. Je t'ai sauvé des monstres, oui.


(Ce n'est qu'un mensonge, Robin. Et c'est certainement moi le monstre, qui préfère te faire croire que ta famille ne t'aimait pas et qu'ils te faisait du mal, me donnant le bon rôle dans toute cette affaire. En réalité, tu n'as jamais été battu. Tout au plus parfois, tes parents ne pouvaient s'occuper de toi le temps de régler leurs quelques affaires, mais il y avait toujours des gens pour toi, en attendant leur retour. Tu avais une belle vie, et tout portait à croire que ça allait continuer, mais je t'en ai arraché. Même maintenant, quand j'y pense, je me demande comment j'ai pu écouter une telle pulsion. Il faut croire qu'avoir donné naissance à une progéniture que je n'ai jamais connu m'a bien plus marqué et que je n'avais fait qu'enterrer tout ça au fond de moi... Mais tu étais là, tout les jours, tout le temps... Et j'ai fini par te kidnapper et depuis, je ne fais que te mentir en te disant que dans l'histoire, je suis le chevalier qui est venu te délivrer. Mais la réalité, ma douce Robin, c'est que j'ai toujours été le dragon qui te retenait prisonnière.)

Ca n'était pas facile, loin de là. Un hybride qui vagabondait seul finissait par attirer l'attention, alors un hybride avec un bébé ? La petite Robin avait plus de deux ans, à ce moment, et si au moins elle pouvait se passer de lait et manger d'autres aliments, il n'empêche que c'était vraiment compliqué et stressant tout les jours. La crainte de me faire attraper, que l'on t'arrache à moi pour te redonner aux monstres, pendant que moi... Mon sort ne serait pas enviable, mais je ne voulais surtout pas qu'on soit séparé. Alors, je marchais beaucoup, te portant avec moi, m'éloignant autant que possible de la maison de mes "nouveaux anciens maîtres". Je ne connaissais aucun endroit où nous pourrions être vraiment en sécurité, et presque par instinct, je nous rapprochais de la ville où j'avais vécu avec Jason. Je savais que je ne pourrais pas y vivre comme avant, mais il y avait quelque chose de réconfort à l'idée d'au moins en être proche. Et durant ce voyage, je faisais bien attention à attirer le moins possible l'attention. Je prenais les chemins de campagne et de forêt, tentant de chasser sans beaucoup de succès... Je n'avais pas vraiment appris à le faire, donc ce fut un exercice particulièrement difficile. Me transformer et attendre dans les points d'eau me vint cependant assez naturellement, et j'arrivais donc à attraper quelque chose. Je pouvais mieux me passer de nourriture que l'enfant... Mais j'étais étouffé par la peur et les questions ; serait-ce assez ? Un enfant n'avait il pas besoin d'une nourriture saine et variée ? Et pour les habits, l'hygiènes, les soins... J'étais donc bien obligé d'aller dans les villages et les villes, tentant de camoufler au mieux que j'étais un hybride et volant ce qui était nécessaire, laissant l'enfant caché quelque part. Plus d'une fois, je faillis me faire attraper.

Et ça fini par arriver, d'ailleurs. Un jour de marché, où il paraissait aisé de passer d'étalage en étalage et de cueillir quelques fruits et douceur. Ca ne paraissait pas si compliqué, pas autant qu'entrer dans un magasin et en sortir avec un énorme sac de couche ! Je ne me souviens pas ne pas avoir été prudent, non plus, mais peut-être était-ce le cas, un peu trop conforté par l'expérience de mes larcins. Peut importe, puisque je me retrouvais alors à être retenu au sol par un marchand. Très large, très costaud... Beaucoup plus que moi. J'avais pleinement fini ma croissance depuis des années, je savais me défendre aussi, mais l'homme avait réussi à me surprendre alors que je ne pouvais prêter attention à autant de monde en même temps. Un de ses comparses avaient du lui venir en aide cependant, pour continuer à me maîtriser. "Où es ton maître ?" était une des questions qu'ils me posèrent plusieurs fois, entre quelques insultes. Que je mente ou que je me taise, ça revenait au même ; ils allaient appeler quelqu'un, un de leur force de l'ordre et tout ce que j'avais fait jusque-là allait bientôt ne servir à rien ; ils allaient finir par savoir d'où je venais et ce que j'avais fait, et ils me poseraient des questions sur l'enfant... La panique commençait à prendre sérieusement le pas sur mes émotions et je commençais à ne plus qu'envisager la transformation, sans savoir si cela serait assez. C'est sûr qu'on allait me lâcher, de peur que je ne blesse sérieusement quelqu'un... Mais il y avait tellement de monde... Puis des cris, des coups de feu et la panique ne se résuma plus seulement à moi.

Durant mon errance, j'avais été bien trop focalisé a m'occuper de toi, Robin. Évitant autant que possible la civilisation, m'y rendant juste pour voler ce qui te serait utile, bénis par le fait que tu ne tomba jamais assez malade. Je ne restais jamais longtemps dans les villes, alors je n'avais qu'une très vague idée de ce qui se passait avec les hybrides. Je n'avais entendu que des rumeurs, des cas qui semblaient isolés selon les informations, quand j'étais encore au service de tes parents. Maintenant, soit les choses avaient rapidement évolué, soit les informations avaient tenté de dissimuler à quel point la situation était grave au reste de la population. Qu'importe. Par je ne sais quel hasard, il se trouvait que certains de ses "hybrides sauvages et dangereux" faisaient une incursion là où j'étais. Pour effrayer, faire des victimes ou bien voler des vivres. Autant dire que je n'étais plus la priorité et que je finis par me libérer. Je n'attendis pas pour m'enfuir, mais j'eu le temps de croiser le regard d'un des fauteurs de trouble. Même si cela ne dura qu'une seconde ou deux, je pus y lire quelque chose que je n'avais plus revu depuis que j'étais forcé à combattre. Une farouche volonté de vivre, une colérique détermination... Une soif de justice. 

Cette rencontre hasardeuse m'ouvrait à de nouvelles pensées. Je n'avais jamais vraiment pris au sérieux ces histoires de rebellions. Après tout, et ce malgré ma très mauvaise expérience lorsque j'étais plus jeune, je n'avais jamais eu à me plaindre à propos des humains. En tout cas à mon encontre. J'étais né pour les servir après tout et je n'avais jamais vu en quoi c'était mal. Même en te sauvant, d'une certaine façon, je te servais et...


Ca t'amuses ?
Oui, je trouve ça drôle !
Et pourtant, c'est très sérieux. Mais heureux que tu y trouves de l'amusement.



Et je n'avais jamais songé à ce que les rôles puissent s'inverser un jour. Pourtant, moi qui ne pensait qu'à ta sûreté, me voilà qui était en train de voir beaucoup plus loin que tout ceci. En m'enfuyais avec toi, j'avais fait un choix. En liant mon destin au tiens, c'était de ma propre volonté. Tout les autres... Ca n'avait jamais été le cas. Même Jason finalement. J'étais resté car je n'avais jamais songé que c'était possible de partir. Pour tout ceux venu après, je n'avais jamais vu l'intérêt de le faire non plus. Ce mode de vie... Était-il vraiment normal ? Était-ce un problème, si nous avions le droit de faire ce que nous voulions ? En quoi étions nous assez différent des hommes pour être ainsi traité... C'est vrai qu'ils nous avaient créé... Mais ne donnaient-ils pas déjà naissance à la vie ? Leurs progénitures n'étaient pas moins libre que leur géniteurs, pourtant. Plus je pensais à tout ça, plus j'étais confus. Et... Il m'apparaissait que je moquais des détails. Je me moquais de savoir si nous avions le droit ou non à la même vie que les hommes. Par contre, ce qui m'intéressait, c'était ce que cela pourrait nous permettre, à toi et moi. Si nous devenions l'égal des humains, il n'y aurait plus de problème à ce que je sois avec toi. Outre les "monstres" qui devaient encore être à ta recherche, si les choses changeaient, alors... Alors on pourrait enfin avoir une "vraie vie". C'était un paris risqué. Mais j'étais déjà un fuyard qui risquait à tout moment de te perdre, et le fait d'avoir été attrapé au marché m'avait remis les idées en place ; j'allais finir par me faire avoir. Alors, tant qu'à faire... Autant se battre.


Et là, tu as fais la guerre !
Tu adores vraiment ce genre de détail, pas vrai ?


Au fil de mes errances, je finis par trouver d'autres hybrides, cachés eux aussi des hommes. A croire que, maintenant que j'avais vraiment pris conscience de l'ampleur de la situation, j'étais amené à les croiser ! Le fait que j'étais avec un bébé leur paru étrange. Certains étaient méfiant à mon égard à cause de ça, mais il leur apparu que j'étais aussi un paria, et un paria avait naturellement envie de voir le monde changer à son avantage, non ? Alors oui, je fis "la guerre". Moins que les autres parce que je tenais à rester en vie, mais je pris part au combat. J'assistais néanmoins avec plus de vision à ce qui se passait de plus en plus. Ce soulèvement général... Crois moi, je pensais vraiment qu'il y aurait moins d'hybrides qui prendraient les armes. Ironiquement, il y avait aussi quelques humains qui manifestaient dans les rues, demandant à ce que l'on change les choses pour nous. Une égalité... Ah ! Ils ont du s'en mordre les doigts. Bref. Nos rangs se gonflaient de plus en plus jusqu'à ce que nous soyons réellement une menace. Tout ces hybrides créaient à outrance furent ce qui causa notre victoire.

(Et moi, je me demandais... Combien y avait-il de mes descendants dans ce combat ? Combien étaient restés loyaux aux hommes, combien étaient morts... Combien ?)

Je n'ai pas grand chose de plus à te dire à propos de cette guerre. Je n'étais pas le plus au front après tout, mais je m'étais rendus utile autrement. Je savais construire, je savais réparer... J'avais même su saboter. J'avais porté ma pierre à l'édifice, comme chaque hybride et on finit par gagner. Notre victoire, elle s'étendit dans le reste du monde, mais l'on fut les premiers gagnants ! La suite... Ne fut pas tout à fait ce que j'imaginais. Obsédé par l'idée qu'on puisse enfin être tranquille, que je n'ai plus à me cacher, je n'avais pas vraiment songé à toutes les conséquences. Ce n'était pas que j'avais cru naïvement que la paix serait faite entre nos deux espèces. Mais j'avais pensé qu'il faudrait du temps pour voir ce qu'il adviendrait, et qu'en gagnant notre liberté, on gagnerait aussi le respect. Grave erreur. Il semblait que la haine qu'avait certains hybrides envers les humains étaient un mal bien plus répandu que je ne l'imaginais. Et que la plupart des autres hybrides, s'ils n'étaient pas aussi vicieux, se moquaient globalement de leur sort tant qu'ils restaient libres. Et l'Homme fini esclave à son tour. Ça me laissa... En plein conflit avec moi-même. Certes, j'étais alors débarrassé de la crainte d'être attrapé par les forces humaines et séparés de toi... Mais quand était-il de toi, justement ? Et bien, tu étais avec moi... A moi, aux yeux des autres. Je savais que je te protégerais, et que je le ferais pour le restant de mes jours. Mais arriverait un moment où je ne pourrais plus le faire. Et surtout, même s'il était certains que je ferais de mon mieux pour bien te traiter... Tu ne serais pas libre pour autant. Cela dit, c'était toujours mieux qu'avant. Il n'y avait plus de monstres et je pouvais enfin avoir une vie, avec toi. Une identité, un travail... C'était nouveau, mais pas aussi perturbant que j'aurais pu le penser. Après tout, j'avais déjà travaillé... Et c'était exactement ce que je décidais de continuer de faire. Il y avait après tout, beaucoup de chose à réparer, après une guerre. Sur ce plan-là, il n'y eu pas de problème en particulier. Par contre... Il y avait toi, aussi, et maintenant que nous n'étions plus à devoir nous cacher, je pouvais te donner la vie et l'attention que devait avoir n'importe quel bambin. Tu avais plus de trois ans, maintenant et... A part pour ce qui était de te faire survivre... Il fallait avouer que je ne connaissais pas grand chose dans les bébés. Il m'est alors venu une idée ; et si je prenais une humaine pour m'aider ? Une femme, parce qu'elle ont de l'instinct maternelle. Elles sont faites pour s'occuper de bébé.


Je trouve ça... Débile.
Avec du recul, moi aussi. Mais je n'y connaissais pas grand chose, alors j'ai fait ce qui me semblait logique. Je te rappelle que je suis à moitié un animal. Un animal qui peut bouffer des bébés.
Berk !



Cette femme avait... Elle était terrifiée par moi. Je ne connaissais rien de sa vie ou de ses sévices, parce que je m'en fichais. J'avais juste besoin d'elle pour m'occuper d'un enfant en bas âge et on m'avait dit qu'apparemment, elle en avait eu l'habitude, ce qui était tout ce qui m'intéressait. Et c'est vrai qu'elle avait l'air de t'apprécier. Elle était calme en ta présence et au début, elle donnait l'impression de vouloir te protéger de moi, sans jamais chercher à s'enfuir toutefois, sûrement effrayée des répercussions. Toujours est-il qu'elle fit son job et que lorsque je n'étais pas en train de travailler, je l'observais attentivement. Elle jouait beaucoup avec toi, ce que j'avais plutôt négliger, trop obsédé à te maintenant en vie. Elle te chantait des chansons, te racontait des histoires... Ce n'était pas quelque chose que je faisais. J'arrivais à te faire manger et à te calmer quand tu pleurais... Pourtant, ce n'était pas comme si je n'avais pas déjà vu quelqu'un faire tout ça quand nous étions encore chez tes parents. Mais je n'avais pas songé à ce que ce soit si... Important. Par mimétisme, je changeais mes rapports avec toi. Je faisais en sorte de trouver des choses qui pourraient être intéressant, comme des livres, des jouets... Si ça semblait bien aux yeux de ma "servante", ses sentiments à mon égard ne changèrent pas. Elle me regardait toujours avec crainte, restant polie, voir silencieuse comme si elle craignait que parler déchaînerait ma colère sur elle. Ce que je trouvais stupide ; je n'allais pas juste l'attaquer pour si peu. Enfin, elle te traitait bien. Un peu plus tard, je me retrouvais avec un deuxième humain, mais pour une toute autre utilité. Jason m'avait appris beaucoup de chose et je savais être autodidacte pour étendre mes capacités. Cela dit, si l'on commence à parler mécanique, alors tout devient plus compliqué, plus minutieux... Et je voulais un bateau. Je voulais savoir comment m'en occuper et le réparer. Je pouvais lire des livres à ce sujet... Je le faisais déjà, mais il m'apparaissait qu'avoir de l'assistance serait bénéfique et plus rapide. Et puis comme ça, ça ferait de la compagnie à l'autre humaine qui sursautait à chaque fois qu'elle me voyait.


En faite, tu l'aimais bien et tu voulais qu'elle se sente bien !
Non. C'était purement stratégique.


Je ne regrettais pas mon investissement. D'autant plus que Jérémie était moins farouche que Clarence. Il était même curieux, tout en hésitant pas à dire ce qu'il pensait de tout ça. Il n'aimait guère sa situation, mais il était malin, et comprenait que ça aurait pu être pire pour lui. S'il pensa à s'enfuir, soit il ne le fit pas car il ignorait ma réaction, soit il trouva une forme d'intérêt à pouvoir m'enseigner ce qu'il savait. Ca devait le rendre nostalgique. Cela dit, tout ça ne dura pas. Je n'avais pas prévu de m'encombrer à vie de ces deux-là. J'avais juste besoin d'apprendre d'eux, et au bout de plusieurs mois, je décidais que c'était le cas. Je leur offris... Une chance. Je leur dis clairement qu'il pouvait partir et que je leur laissais dix jours. Je ne chercherais pas à les récupérer et à partir à leur poursuite, mais je les signalerais comme disparu. Car c'était ce que tout bon hybride devait faire. Ils auraient de l'avance, qu'ils se débrouillent avec. Je leur autorisais à prendre des vivres et des habits aussi, bref, à préparer leur "grande évasion". Ils ne s'attendaient pas à ça. Jérémie était surpris et Clarence aussi désespérée de prendre sa chance, sans toutefois savoir si je disais la vérité. Jérémie m'a demandé pourquoi je faisais ça. Je lui disais que j'avais eu ce que je voulais et que je n'avais plus besoin d'eux. J'ignore si c'est ce qu'il voulait entendre, mais le lendemain, ils avaient disparu. J'ai tenu ma promesse. Et toi, tu les as pleuré.


Je ne me souviens pas d'eux.
Tu étais jeune, bien plus que maintenant. C'est normal.
J'aurais voulu avoir des souvenirs.


La vie a alors continué. J'ai finis par avoir un bateau, contentant le bête désir que j'avais. Je travaillais, tu grandissais, et il n'y eu pas d'autres humains... Je te gardais toujours près de moi, maintenant que tu n'avais plus de "nounou". Tu étais une curiosité pour les hybrides, dans le meilleur des cas. Un bébé est plus attendrissant qu'un humain adulte. Pour les plus haineux... Je fis vite en sorte de débusquer le "monstre" en eux et d'établir un certain rapport de force. Ils étaient là pour mes services et rien d'autres, et s'ils tentaient quoique ce soit, ils ne seraient pas simplement privé de mon travail, mais aussi d'une portion conséquente de leur corps. Les choses étaient stables alors je fus vraiment surpris quand je revus Jérémie. 

Il avait besoin... D'un endroit où se poser pour quelques jours. Il avait un chargement, probablement volé et il avait attiré l'attention sur lui, aussi, ne sachant pas où aller, il était juste venu ici. Franchement, je ne m'attendais pas à ça ; j'avais imaginé qu'il avait quitté la ville depuis longtemps maintenant, partant vivre en autarcie ou je ne sais quoi. Mais non, cet idiot était encore dans le coin ! Et il était évident qu'il ne savait pas vraiment s'il avait bien fait de venir demander mon aide, mais... C'est ce qu'il avait fait néanmoins, et je ne pouvais pas vraiment le vendre alors que je lui avais permis de fuir, lui et Clarence. Je ne lui demandais pas ce qu'il faisait depuis la dernière fois que l'on s'était vu. Je ne lui posais aucune autres questions. C'est lui qui laissa sous entendre qu'il n'était pas le seul et qu'il avait rejoint un groupe qui faisait de son mieux pour survivre, mais plus que ça, pour offrir la possibilité d'un nouvel avenir pour l'humanité... Mais pour les hybrides. Bon sang, Jérémie parlait beaucoup trop. Je suis sûr qu'il n'était pas censé se livrer comme il l'avait fait, mais apparemment, que je ne le trahisse pas l'avait mis en confiance, ce qui était débile, parce que j'aurais pu tout aussi bien le faire après ce qu'il venait de me dire ! Mais je pense qu'il s'était laissé aller un peu par ta faute, Robin. Il avait largement eu le temps de comprendre, pendant notre vie commune, que je m'occupais de toi et que je m'inquiétais de ton confort et de ta santé. L'affection que j'avais pour un seul humain lui apparaissait comme assez sincère et évocateur pour tout m'avouer. Il pensait sûrement que je voudrais rejoindre son groupe ou je ne sais quoi. Ha. Je voulais juste qu'on nous laisse tranquille. Il fut déçu de ne pas vraiment me voir réagir en la faveur de ce vœu, mais il fini par partir. Pour mieux revenir, de temps en temps. Pour rester une nuit ou deux, "prendre des nouvelles" comme il disait, et avoir mon avis sur quelques réparations à faire, à défaut de me montrer ce qui coinçait. Je laissais toujours passer, même lorsque cela m'agaçait et au fur et à mesure de ses visites, je commençais à me demander sérieusement si tout ce qu'il faisait en valait la peine. Ça semblait être un beau rêve ; beaucoup d'hybride était en colère et la guerre était encore bien fraîche dans l'esprit de chacun. C'était idiot de croire que l'on pourrait changer les choses, mais... Si c'était possible, ça pourrait t'offrir un avenir encore plus grand. Maintenant, je me rend compte que c'était sûrement une façon pour lui de me tester et qu'il m'avait entraîné dans son camp avant même que je ne m'en rende compte, lorsque d'autres résistants que lui finirent par m'approcher. Sans jamais vraiment affirmer qu'ils en faisaient partie, je finissais par les reconnaître. Ne serait-ce que parce qu'ils n'avaient pas forcément d'argent à m'offrir en contrepartie de l'aide qu'ils demandaient.


Et c'est là que tu es devenu un agent double !


Mais pas gratuitement. J'étais conscient de leur cause et si j'avais quelques à priori là-dessus, je savais aussi que si par miracle ça se réalisait, le monde serait sûrement pas trop mal non plus. Mais j'étais surtout conscient des risques. Tout comme durant la rébellion des hybrides, je me refusais à être au-devant de la scène et à risquer tout ce que j'avais acquis. Aussi, je préférais être prudent... Et être payé pour ce que je pouvais leur apporter. Mais comme je viens de te le dire, ils ne roulaient pas sur l'or, aussi j'acceptais le troc, de la nourriture... Et même des histoires.


Des histoires ?
Tu m'en demandais une toute les nuit, il fallait bien que j'ai des choses à te raconter autre que ce que je trouvais dans les livres !


Je leur demandais de me raconter leur vie, souvent, sans me prendre la tête s'ils disaient la vérité ou non. Parfois ce n'était clairement pas vrai. Les dresseurs de dragons n'existent pas. Par contre, ça avait de quoi être imaginatif, alors j'acceptais. Et c'est comme ça que je me suis retrouvais à aider les résistants à ma façon. Je n'ai jamais revu Clarence, mais soit elle a fuit la ville, soit elle préfère se tenir le plus éloignée des hybrides, je l'ignore ; je n'ai jamais demandé à Jérémie. Et tu vois, c'est comme ça que les choses marchent dans ma vie, encore en ce moment...


... Tu sais que ce n'est pas la première fois que je te raconte cette histoire, Robin. Tu n'es pas obligée de te tenir éveillée comme tu le fais.
Ca me dérange pas !
A moi si. Comment veux-tu guérir si tu ne dors pas ? allez, fermes moi ses yeux globuleux.
Hey. C'est juste un petit rhume !
Raison de plus pour dormir.
D'accord... Bonne nuit Arthy, je t'aime !

De même, crevette.


...

L'histoire de Robin n'aura pas de suite. Les morts restent morts, et il n'y a plus rien de nouveau à raconter sur eux. La vie était cruelle... J'avais toujours tout fait pour la garder auprès de moi. J'avais fait de mon mieux pour ça... Et ce n'était ni nos différences, ni même la guerre qui me l'avait arraché, mais une maladie. Leucémie, qu'on m'avait dit. Violente, comme la nouvelle et la réalisation que tout allait se terminer parce que dans notre monde actuelle, il était encore plus difficile de soigner quelque chose d'aussi grave. J'avais refusé de croire à tout ça, jusqu'à ce qu'il n'y ai plus de choix. Jusqu'à ce que je l'enterre moi-même. Difficile de nier, quand on était séparé par quelques mètres de terre et que le silence et la solitude régnait maintenant dans un quotidien qu'on ne partageait plus à deux. Depuis presque un an. Les choses... Maintenant sont différentes, sans elle. Et pourtant rien n'a réellement changé, comme si sa disparition n'avait que peu d'effet sur le monde. La vie continuait sans elle après tout... Mais c'était un peu une façon de la garder "vivante", encore, que de continuer comme je le faisais tout les jours. Je continuais de travailler comme je le faisais avant, réparant ce que l'on me donnait ou ce que je trouvais parfois et continuant à nourrir les petits animaux de la même manière que Robin faisait autrefois, et qui m'agaçait avant car cela les attirait toujours plus. Au moins, ça faisait un peu d'animation, d'autant plus que cela fait un moment que je n'ai plus vu Jérémie et que le pessimiste en moi n'y voit pas là une très bonne nouvelle... Et pour elle aussi je continuais à aider à ma façon les résistants et autres humains perdus, sans trop savoir à quoi ça pouvait bien servir maintenant qu'elle n'était plus là... Mais bon. Je n'ai plus grand chose à perdre.



  
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Ici Jazzcat ! Je suis un zombie. Enfin, plutôt un vieux membre du forum qui était parti et qui est finalement revenu, mais zombie, c'est plus classe que vieux !
Arthur Leblanc

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MessageSujet: Re: Arthur Leblanc Arthur Leblanc EmptySam 2 Fév 2019 - 0:08
Bon retour sur le forum cheers

Et bon courage pour la suite de ta fiche !
Terrence Hastings

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MessageSujet: Re: Arthur Leblanc Arthur Leblanc EmptySam 2 Fév 2019 - 9:31
Hey : D bienvenue officiellement, et puis surtout, courage pour ta fiche ♥️
Alexandros Archeron

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MessageSujet: Re: Arthur Leblanc Arthur Leblanc EmptySam 2 Fév 2019 - 10:18
Bienvenu Vieux tout doux! orangggggge

J'ai hâte de voir ta fin de présentation pour pouvoir t'embêter encore! Razz

Courage !
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MessageSujet: Re: Arthur Leblanc Arthur Leblanc EmptyMer 20 Fév 2019 - 17:15
Bouh ! Et bienvenue !

Je m'excuse du retard, j'ai légèrement oublié ta fiche -pas tapé >w<- et elle a été plus longue à lire que prévue !

Cela dit, je ne vois rien qui m'embête ou qui serait trop loin de l'histoire. J'aime beaucoup ton personnage et le fait qu'il ait perdu une jeune humaine depuis juste un an le rend ultra attachant >w<

Bref ! Je te valide ♥️

VALIDATION

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Congrat' pour ta validation !
Maintenant passe ta souris ici
et admire le reste :3



Et maintenant voici la petite liste des choses à faire et à voir avant de te lancer :

Le Règlement - A lire et signer, si ce n'est pas déjà fait :3

Les Recensements - Hop, tout les recensements sont dans cet unique sujet ! Merci de le remplir obligatoirement !

Le Journal - Va zieuter ce qu'il s'y passe, cela peut avoir un impact en rp et donc pour ton personnage, le journal n'est pas à négliger !

Les Adoptions - Tu cherches un maitre ou un pet ? C'est par ici !

Les Rp's - Si tu n'as personne avec qui commencer un rp, poste une demande ! N'oublie pas que si quelqu'un t'intéresse, tu peux aussi le MP directement pour faire ta demande :3

Les Relations - Si tu veux lister ce qui attendra ton personnage avec les autres, créer ton petit sujet !

Le Flood -

Bon jeu parmi nous !


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Arthur Leblanc
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